Véronique Riches-Flores

SPECIAL – Images d’Italie

Image site Italie

Rejet de la réforme constitutionnelle proposée par Matteo Renzi ou non, ce 4 décembre, la question du devenir de l’Italie dans le zone euro se posera à l’occasion des prochaines échéances électorales de 2018 ou d’élections anticipées provoquées par une défaite trop cinglante du Président du Conseil, ce dimanche.

Difficile de prédire comment les choses pourraient se dérouler à partir de lundi prochain, quelle sera l’onde de choc et les réponses, le cas échéant, apportées, ou avec quel délais les choses se feront. À ce stade tous les scenarii peuvent être envisagés, les plus cataclysmiques comme les moins préoccupants, selon le degré de défaite de Matteo Renzi, voire une éventuelle victoire de ce dernier.

Une chose est sure, cependant, l’Italie sera scrutée. Comme après les élections britanniques ou américaines, les chocs suscitent le besoin de comprendre et pour ce faire de disposer de l’information. Nous présentons à cette fin un certain nombre d’éléments clés sur la situation de cette économie et les raisons qui pourraient conduire les Italiens à préférer la rupture lors des prochaines législatives.

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Stop ou encore ?

Marche obligataire US

Quatre semaines après la victoire de D. Trump à la présidentielle américaine, la psychologie des marchés semble avoir radicalement changé. Si leur nouvelle façon d’appréhender l’avenir venait à être confortée, nous ne serions qu’au début de profonds bouleversements.

À supposer, en effet, que l’économie américaine soit effectivement capable de connaître une croissance durablement supérieure à 3 % et une inflation de plus de 2 %, le niveau vers lequel les taux à 10 ans américains devraient converger ne serait plus de 2 %-3 % comme la plupart des prévisionnistes anticipaient jusqu’alors mais plus vraisemblablement de 5 %-6 %, plus de deux fois supérieur au niveau actuel et jamais observé depuis 2007.

Une telle correction équivaudrait à une chute du marché obligataire d’environ 25 %, cohérente avec un changement radical des anticipations sur la politique de la FED. Le nombre de hausses des taux directeurs que pourrait orchestrer la FED dans un tel cas de figure, ne serait plus, en effet, de 2, 3 ou 4, à pas comptés de 25 points base chacun d’ici la fin de l’année prochaine, mais plus vraisemblablement de 8 ou 9, soit un relèvement à chaque réunion du FOMC, sans exclure la possibilité de mouvements de 50 points de base, dont le dernier du genre remonte à l’année 2000…

Alors que se sont multipliées ces derniers mois les analyses structurelles aboutissant pour la plupart à la conclusion d’un nouveau régime de taux d’intérêt durablement bas, les enchaînements susceptibles de naître de ce changement subit de perception constituent, on le comprend, un risque indiscutablement élevé pour les investisseurs. Qu’en penser ?

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M. Draghi parle trop pour ne rien avoir à nous dire…

Capture

Les prises de parole du Président de la BCE se sont multipliées ces jours-ci et ont pris un tour moins anxiogène après son allocution devant le Parlement européen en début de semaine dernière. Mais surtout, ce souci de pré-annoncer le contenu des nouvelles prévisions que la BCE délivrera jeudi prochain au terme de son Comité de politique monétaire n’est guère habituel et l’on peine à considérer qu’il soit anodin, surtout lorsqu’il s’agit d’annoncer que, selon ce scénario, l’objectif officiel d’inflation devrait être atteint d’ici 2018-2019.

La BCE vise-t-elle à disséminer quelque alerte sur un possible changement de cap de sa politique monétaire ? On est tenté de le penser.

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BMG Novembre 2016 – les marchés accusent le coup

BMG Novembre

* Notre indicateur d’activité ressort en zone de neutralité, après une révision à 0 (contre +1) en octobre. Malgré la hausse du climat des affaires et de l’activité industrielle, la consommation, l’investissement et les exportations ont été mitigés, souvent en retrait par rapport aux deux mois précédents, à l’exception du cas américain où l’embellie est générale.

Pour le 3ème mois consécutif, l’inflation remonte, avec un solde à + 2 ce mois-ci.

* Nos baromètres de marchés illustrent l’ajustement brutal des prix d’actifs que reflètent en particulier la chute persistante des indices obligataires internationaux et le repli des indices boursiers des pays émergents. Les bourses du monde développé ont mieux résisté grâce au soutien apporté par le marché américain et japonais.
Les perturbations sur les marchés des changes se sont intensifiées sous l’effet combiné de l’envolée du dollar et de la livre Sterling.
Les prix des matières premières terminent le mois en hausse malgré d’importantes turbulences quand les cours de l’or accentuent leur repli dans le sillage de la remontée des taux.
La rotation sectorielle s’est atténuée par rapport au mois d’octobre, les écarts de performance relevant surtout de l’impact très négatif de la hausse des taux d’intérêt sur les secteurs les plus exposés, au premier rang desquels les utilities. Si les cycliques ont, dans l’ensemble, bien résisté, elles n’ont pas réussi à poursuivre leur progression du mois d’octobre.

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Le Beige book nous avait prévenu, les NFP le confirment…

variation emploi américain

Le Beige book publié en milieu de semaine a surpris par son caractère mitigé en comparaison de l’avalanche des indicateurs tous aussi bons les uns que les autres de ces dernières semaines. Les données sur le marché de l’emploi du mois de novembre semblent valider ce rapport régional. Si la baisse du taux de chômage, à 4,6 % contre 4,9 % le mois précédent peut sembler de très bon augure, le détail du rapport sur l’emploi est médiocre.

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Un Beige book en retrait des statistiques

FED MONITOR 301116

Le Beige book de novembre est de nature à instiller quelques doutes sur la vigueur de l’activité de ces dernières semaines. Bien que globalement positif, les appréciations portées sur la croissance à venir sont souvent qualifiées de modestes quand les retours sur la consommation sont relativement mitigés. De même, la hausse du dollar est mentionnée comme un frein aux commandes industrielles par certaines régions. Dans l’ensemble ce rapport tranche assez sensiblement avec les données de ces dernières semaines qui, jusqu’à aujourd’hui, suggèrent une sensible accélération de la croissance. Malgré une appréciation sur la croissance des salaires toujours qualifiée de modeste, les difficultés de recrutement de personnel qualifié semblent s’être intensifiées dans certaines régions. Pour autant les appréciations sur les tendances de prix conservent un caractère peu préoccupant. À même de tempérer quelque peu le regain d’optimisme, ce Beige Book est plutôt bienvenu, sans véritablement changer la donne du prochain FOMC du 14 décembre en faveur d’une remontée de 25 points de base des Fed Funds et d’une révision à la hausse des « dots »… toute la question concernant précisément l’ampleur de ces corrections. … (Suite…) →

Au pied du mur

taux de pauvrete

« Si nous agissons seuls nous serons à la merci d’évènements plus grands que nous, menaçants pour la paix et la sécurité européenne » Mario Draghi, président de la BCE, reprenant les mots de Carlo Azeglio Ciampi, le 21 novembre 2016, en conclusion de son allocution devant le Parlement européen.

L’onde de choc du résultat des élections américaines s’est abattue sur l’Europe depuis quinze jours, faisant brutalement prendre conscience d’une réalité que le Brexit, trop vite considéré comme une nouvelle expression de l’exception britannique, n’avait permis de provoquer malgré sa détonation première. À ce titre, les mots utilisés par Mario Draghi pour conclure son allocution devant le parlement européen en début de semaine sont cinglants, faisant preuve d’une lucidité rarement égalée parmi les responsables européens. Les propos du président de la commission européenne, JC Juncker, ne sont pas moins troublants, révélateurs des difficultés de gouvernance et de la paralysie d’un ensemble dans lequel les responsabilités sont sans cesse menacées.

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Panne du pilotage monétaire dans un monde post-industriel et vieillissant

OUTPUT GAP ET FED FUNDS

Janet Yellen l’a annoncé hier, la FED s’apprête à relever le niveau de ses taux directeurs en décembre. Bien qu’attendu depuis près d’une année, ce changement est sans doute moins important que la communication qui accompagnera l’annonce de cette décision, à partir de laquelle se forgeront, notamment, les anticipations sur sa politique à venir.

En décembre 2015, la FED avait assorti le premier relèvement de 25 points de base des Fed Funds d’une projection de quatre hausses supplémentaires en 2016 puis à nouveau en 2017. Sa stratégie était à l’époque encore largement imprégnée de l’approche « taylorienne » qui a présidé à la gestion de la politique monétaire américaine ces trente dernières années, d’un cycle de remontée graduelle des taux assez fidèle à ceux passés, quand bien même plus timoré ; les taux directeurs étaient, ainsi, censés retrouver un niveau de 2,4 % d’ici fin 2017. Un an plus tard, cette stratégie semble largement en porte-à-faux. Non seulement la banque centrale américaine n’est pas parvenue à suivre la trajectoire qu’elle avait envisagée, mais les outils qui permettaient jusqu’alors de piloter ses décisions sont aujourd’hui largement inopérants…

OUTPUT GAP ET FED FUNDS

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