Véronique Riches-Flores

Eté indien pour l’Eurostoxx 50

euros

Les chances de voir l’indice européen sortir par le haut du couloir étroit dans lequel il navigue depuis près de six mois ne semblent jamais avoir été aussi importantes depuis le début de l’année malgré les réserves qu’imposent les paris préalables à une telle conclusion, à savoir :

  1. que la Fed ne fasse pas preuve d’un excès de zèle au mois de septembre ;
  2. que la perspective d’un rééquilibrage du policy-mix international appelée par des voix de plus en plus nombreuses poursuive sa progression ;
  3. que le problème des banques italiennes et, plus encore, celui de cette économie moribonde, ne restent pas sans réponse.

Des conditions aujourd’hui envisageables, sinon 100 % garanties.

  … (Suite…) →

Jackson Hole ou quand les banquiers centraux appellent les gouvernements à la rescousse

image (2)

Après huit années de politiques monétaires tout aussi inédites qu’infructueuses, les banquiers centraux s’affolent. Si leurs initiatives ont, certes, permis d’échapper à la dépression, c’est au prix d’une reflation extravagante des prix d’actifs qui aujourd’hui retire aux banques centrales toute liberté d’action, détourne les capitaux de l’économie réelle et alimente un creusement des inégalités aux conséquences de plus en plus significatives sur le potentiel de croissance des économies développées. La politique unijambiste de ces dernières années, c’est acquis, est inefficace, risquant, si elle s’enferre dans la logique en présence, de préparer le terrain d’une nouvelle crise financière internationale, à terme.

… (Suite…) →

La meilleure nouvelle de ce matin se lit dans le PMI-services français

image (1)
L’indice préliminaire manufacturier pour la zone euro n’est, sans surprise, pas bon. En repli de 0,2 points à partir d’un niveau déjà faible, il ressort à 51,8 point en août sous l’effet d’une deuxième baisse consécutive de l’indice allemand, à 53,6 et d’une stagnation sur très bas niveau de l’indice français, à 48,6 (contre 48,5 en juillet). Difficile toutefois d’escompter beaucoup plus dans le contexte présent d’inertie des échanges mondiaux et de l’investissement.
.
Les résultats sont plus encourageants sur le front des services où l’estimation de l’indicateur préliminaire pour la zone euro ressort en hausse à 53,1, contre 52,9 en juillet, sous l’effet notamment d’un beau rebond de l’indice français.
.
Ce dernier s’est adjugé une hausse de 1,5 pts, en effet, passant de 50,5 pt en juillet à 52 en août, soit encore son plus haut niveau depuis octobre 2015. Il s’agit d’une bonne nouvelle qui vient réconcilier les données de cette enquête avec celle de l’INSEE décrivant une situation domestique en voie d’amélioration, graduelle mais incontestable. Cette validation pourrait être suffisante pour rassurer sur les perspectives de croissance française du troisième trimestre après un sérieux coup de mou au printemps.

… (Suite…) →

Synopsis de rentrée

PIB

Le mois d’août aura finalement été calme, même relativement porteur pour les marchés financiers internationaux. Dans le sillage d’une progression toujours solide des indices américains, malgré la prudence qu’inspire une surévaluation patente, les marchés mondiaux ont pour la plupart enregistré de belles performances sur fond, qui plus est, de rebond des cours des matières premières.

Sur le front économique, les nouvelles ont généralement été réconfortantes : aux États-Unis où les bonnes statistiques d’emploi ont été confortées par celles de l’activité industrielle et immobilière ; en zone euro où la croissance du PIB a été sauvée par l’Allemagne ; au Royaume-Uni où, pour l’instant, les stigmates du Brexit sont quasiment absents ; en Chine, enfin, où si la situation ne s’améliore pas véritablement, elle cesse de se détériorer.

Avec une croissance dorénavant supérieure à celle des États-Unis, la zone euro redevient plus attractive pour les investisseurs. Ainsi malgré le rebond de l’euro face au dollar, l’Eurostoxx a surperformé les grands indices américains depuis début août, une tendance susceptible de perdurer si l’Europe parvient à prendre les mesures nécessaires pour gérer la crise bancaire…

… (Suite…) →

BMG juillet 2016 – Le Japon isolé

BMG
  • Fin juillet, notre Moniteur Macroéconomique Global* ressort à nouveau en amélioration, à +1 par rapport au mois de juin (0).
    • La remontée des indicateurs d’activité et la stabilisation du contexte à l’exportation expliquent cette hausse, malgré des contrastes toujours importants selon les pays où régions considérés.
    • La situation redevient plus favorable sur le front de l’investissement où commandes de biens d’équipement et degré d’utilisation des capacités se sont redressés, à l’exception du Japon où la forte dégradation des perspectives à l’exportation déteint sur l’ensemble des données.
    • En revanche, notre indicateur synthétique sur la consommation est inchangé, à zéro. Après du mieux les mois précédents, la situation américaine pâtit de la rechute des ventes d’automobiles et du repli de la confiance. Ailleurs, les indicateurs évoluent peu, à l’exception du Japon où l’évolution du débat fiscal semble avoir une influence positive sur les ménages.
  • Après une forte hausse en juin, notre indicateur d’inflation reste neutre en juillet dans chacune des régions sous revue, sauf, encore une fois au Japon, où s’intensifient de nouveau les pressions déflationnistes.
  • … (Suite…) →

    La BoJ, le yen et l’Eurostoxx

    Bilans BC

    On s’en doutait, les moyens à disposition de la Banque centrale du Japon pour infléchir le cours des choses, en particulier celui du yen, sont pour le moins réduits. La raison ne tient pas tant à sa politique, outrancièrement accommodante, qu’au privilège malheureux d’avoir une devise au statut de valeur refuge. Peu importent, dès lors, les moyens mis en œuvre, c’est du degré d’aversion au risque global que dépendent en premier lieu les évolutions du taux de change ces derniers mois. Or, le climat n’est pas particulièrement favorable à l’appétit pour le risque, en témoignent l’ascension des métaux précieux depuis le début de l’année et la chute des taux d’intérêt à long terme. Dans un tel contexte, le reflux des matières premières et celui du dollar depuis mercredi ne facilitent guère la tâche de la BOJ ; le risque que le yen ait entamé aujourd’hui une nouvelle phase d’ascension est donc probablement élevé.

    Les entreprises européennes et, par voie de conséquence, les marchés européens, pourraient s’en réjouir. Quatrième exportateur mondial derrière l’Allemagne, cinquième si l’on comptabilise l’Union européenne, le Japon est loin d’avoir un rôle secondaire sur le front de la compétition internationale, en tout premier lieu à l’égard de l’Allemagne avec laquelle il occupe, dans bien des domaines, les mêmes terrains. Pourquoi dès lors ne pas prendre comme une bonne nouvelle le quasi-statu-quo de la Banque du Japon de ce mois-ci ?

    … (Suite…) →

    A very bad trip ! La croissance annuelle des États-Unis, inférieure à celle de l’UEM pour la 1ère fois depuis 2010.

    PIB réel

    C’est peu de dire que l’économie américaine déçoit au deuxième trimestre, avec une croissance de seulement 1,2 % en rythme annualisé, soit un chiffre moitié moins fort que celui attendu et à peine supérieur au taux de croissance révisé du premier trimestre de 0,8 %.

    Si les dépenses de consommation des ménages constituent le lot de consolation, avec une progression de 1,9 % sur le trimestre (soit 4,2 % en rythme annualisé) portée par l’ensemble des dépenses, les autres composantes sont, indiscutablement médiocres. Sans surprise, l’investissement des entreprises a continué de baisser pour le troisième trimestre consécutif, de -2,2 % après successivement -3,4 % et -3,3 %. Plus surprenante est, toutefois la chute conséquente de l’investissement résidentiel, en repli de 6,1 % r.a, sa plus forte baisse depuis 2010.

    … (Suite…) →

    La BoJ exsangue : un signal de longue portée

    BOJ

    La BOJ a déçu les marchés en maintenant inchangé le niveau de ses achats mensuels de bons du Trésor (JGB) d’actifs, à 80 Trn de yen ainsi que le niveau de ses taux d’intérêt. Seule décision, la banque centrale nippone annonce un quasi-doublement de son programme d’achats d’ETF?, de 3,3 Trn à 6 Trn mensuels. En d’autres termes rien qui ne puisse dans ce dispositif faire refluer le yen ou même prévenir une nouvelle ascension à venir. La BoJ pouvait-elle toutefois faire davantage après avoir multiplié son bilan de plus de 2,5 depuis fin 2012, à plus de 83 % du PIB japonais aujourd’hui ? Abaisser davantage le niveau de ses taux de dépôts, porté à -0,1 % en janvier ? S’il est vrai que M. Kuroda avait évoqué la possibilité d’aller jusqu’à -1 % il y a quelques mois, sans doute l’analyse des effets contre-productifs des politiques de taux négatifs ont-elles un certain écho au Japon, quand la BoJ peut également avoir choisi de conserver quelques munitions en cas notamment d’assouplissement de la Banque d’Angleterre et possiblement de la BCE d’ici à l’automne… Cette déception a potentiellement plusieurs implications sur les marchés locaux et mondiaux :

    • Elle ouvre la porte à une réappréciation de la devise, ce qui est foncièrement mauvais pour les entreprises locales et le Nikkei, en dépit de la réaction positive ponctuelle liée à l’annonce d’une augmentation du programme d’achat d’ETF. Une validation de la posture accommodante de la FED dans les minutes du dernier FOMC qui seront publiées dans trois semaines pourrait, dès lors, récréer les conditions d’une baisse du dollar sous la barre des 100 JPY/USD.
    • Elle provoque une remontée mécanique des taux longs japonais susceptible, au-delà de l’effet de surprise, de constituer un seuil durable.
    • Ces effets induits devraient avoir pour conséquence de réduire la pression sur les autres banques centrales, la Banque centrale coréenne, d’une part, la BCE surtout. Cela explique vraisemblablement la remontée des taux longs européens ce matin et peut-être aussi la légère remontée du cours de l’euro face au dollar…

    Au total, on aurait tort de considérer que le signal envoyé par la BoJ se cantonne au marché local. C’est bien la limite des politiques de QE que nous renvoie la BoJ aujourd’hui, quand bien même une nouvelle charge ne peut pas totalement être exclue. … (Suite…) →