Les minutes du dernier FOMC obsolètes, un changement des anticipations de marchés pourrait être imminent

Difficile de déceler un quelconque biais dans les minutes du dernier FOMC de la FED ou une quelconque indication sur ses intentions pour le futur proche.

La première partie de ce rapport, traditionnellement consacrée au descriptif de la situation récente, est des plus réservées, en phase avec le Beige book du même mois et marquant, de fait, une certaine distance par rapport à l’amélioration généralisée des indicateurs conjoncturels que la FED

avait à disposition.

Le reste des minutes ne prend guère position, soulignant surtout des doutes et questionnements sur les perspectives, l’impact de la hausse du dollar sur l’activité et les incertitudes relatives aux effets de la politique de la nouvelle administration.

Enfin, ses appréciations sur l’inflation sont mesurées et ses prévisions des plus conservatrices, inchangées par rapport au scénario du mois de septembre, avec une projection de hausse annuelle des prix inférieure ou égale à 2% jusqu’en 2019, malgré de mineures révisions à la hausse apportées à son scénario de croissance, à respectivement 1,9%, 2,1%, 2,0% et 1,9% pour les années 2016 à 2019.

En somme, la FED n’était certainement pas prête à voir les tendances de l’économie américaine évoluer comme elles l’ont fait ces derniers temps. Malgré une appréciation positive sur les risques associés à ses projections, elle n’exprime ainsi aucune position claire sur sa politique à venir, soulignant comme à l’accoutumée que ses décisions dépendront de l’évolution des données économiques et de la convergence de la situation vers ses objectifs.

Au total, à en juger par les données de ces dernières semaines, ces minutes semblent largement obsolètes. Il ne fait aucun doute, en effet, que la FED n’avait pas envisagé l’embellie qu’illustrent les indicateurs récents, tout au moins dans un délai aussi rapide, et qu’elle risque d’être prise de court. Dans un tel contexte, le risque que les marchés prennent pour argent comptant les données économiques à venir est sans doute relativement élevé. Sauf un rapport sur l’emploi très mauvais vendredi, ce qui serait surprenant, un changement des anticipations qui, jusqu’alors, n’intègrent pas de nouvelle hausse des taux avant le milieu de l’année, pourrait être, dès lors, imminent.

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