Normalisation des PMI

Faiblesse du dollar, tassement des ventes automobiles et mollesse des échanges mondiaux finissent par rattraper les PMI européens et japonais. Le dollar et l’activité pétrolière préservent le secteur aux Etats-Unis.

Après un second semestre particulièrement encourageant, les indicateurs PMI du climat des affaires se tassent depuis le début de l’année, marquant en février un repli significatif au Japon comme en France et en Allemagne.

Si la forte progression récente de ces indicateurs incite à relativiser les déceptions ponctuelles inhérentes à ce type d’enquêtes, les informations par ailleurs récoltées justifient néanmoins de leur accorder une plus grande importance.

La production industrielle globale n’a guère suivi, en effet, les signaux envoyés par les PMI au second semestre 2017. Après une accélération en début d’année dernière, la croissance du secteur hors construction a plafonné avant de se tasser légèrement en fin d’année. Le même constat s’observe sur le front des échanges mondiaux qui, après s’être rapidement redressés en première moitié d’année, marquent le pas depuis.

Les tendances globales observées du côté de la production de biens d’équipement et des ventes mondiales d’automobiles, deux secteurs leaders de l’activité et des échanges manufacturiers mondiaux, semblent simultanément à l’origine de ces ruptures. Le rebond de l’investissement industriel à partir du milieu de l’année 2016 a récemment perdu de son dynamisme. De même, la croissance des ventes automobiles s’est nettement ralentie ces deniers temps, ne progressant plus, selon nos estimations, que de 1,3 % l’an en décembre de l’année dernière.

Dans un tel contexte, la chute du dollar pourrait avoir commencé à mordre sur la compétitivité des exportateurs européens et nippons, comme signalé par ces derniers lors de l’enquête PMI du mois de février.

De fait, le redressement du PMI manufacturier américain, de 55.5 à 55.9 ce mois-ci n’est guère surprenant, le secteur bénéficiant non seulement de l’effet dollar mais également du soutien représenté par le regain d’activité pétrolière de ces derniers mois.

Sans doute faut-il, dans de telles conditions, s’attendre à un PMI chinois, plus proche des européens que de l’américain la semaine prochaine….

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