M. Draghi, La réponse qui dit tout… ou rien

La BCE juge les signes de ralentissement conjoncturel suffisamment sérieux pour ne pas avoir abordé la question de ce qui suivrait le mois de septembre…

Comme souvent, c’est des réponses de Mario Draghi aux questions des journalistes que proviennent les éléments de détails permettant de mieux appréhender le sens des échanges qui ont animé le conseil de politique monétaire. Une réponse plus que toute autre nous semble importante, à ce titre.

À un journaliste faisant état de son étonnement à l’idée que la BCE n’ait pas discuté de ce qu’elle s’apprêtait à annoncer au mois de juin et du programme de tapering qui devrait suivre l’arrêt de son programme d’achats d’actifs en septembre, M. Draghi a répondu que la communication du mois de juin dépendrait prioritairement de la lecture faite des tendances économiques de la première moitié de l’année, qu’en l’occurrence, le ralentissement observé ces dernières semaines rendait incertain. S’agit-il d’un ralentissement durable ou d’un ajustement temporaire susceptible d’être lié à des effets ponctuels ? Le président de la BCE s’est montré réservé sur la réponse à apporter à cette question, indiquant qu’il pourrait y avoir dans ces développements de quoi réviser les prévisions de croissance et de convergence d’inflation vers l’objectif recherché.

Nous comprenons de ces propos que le ralentissement observé a clairement pris de court les membres de la BCE qui, à ce stade, ne semblent pas en comprendre l’origine et souhaitent lever cette incertitude avant de prendre position.

En d’autres termes, sauf rétablissement de tendances plus favorables, il est vraisemblable que la BCE ne se prononcera pas en juin sur l’arrêt formel de ses achats d’actifs à la fin septembre.

Cette lecture donne un caractère plutôt accommodant à l’ensemble de la communication du président de la BCE qui, par ailleurs, avait mentionné qu’il ne voyait aucun signe convaincant d’une quelconque normalisation des tendances de l’inflation sous-jacente.

Au total, la BCE reste « prudente, patiente et persistante ».

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