Mauvais cocktail de données américaines ce 1er mai

Chute de l’ISM manufacturier mais tensions persistantes sur les prix selon cette même enquête et nouveau repli des ventes automobiles, le mixte des données américaines n’est pas de bon augure pour la croissance du deuxième trimestre. Une bien mauvaise tournure après un premier trimestre au ralenti et alors que la FED durcit le ton.

L’ISM manufacturier a flanché de deux points en avril, à 57,2, contre 59,3 en mars et un point haut de 60,8 en février. Au-delà, les composantes de l’indice synthétique ont renvoyé un message plus préoccupant, illustrant en particulier une nouvelle baisse importante de l’indice de production, la quatrième consécutive; un net fléchissement de l’indice emploi et un nouveau repli des commandes, ces dernières restant toutefois à un niveau plus soutenu que les autres indicateurs, de 61,2 (contre un point haut de 67,4 en décembre).
La détérioration persistante de cet indicateur phare américain aura sans doute des conséquences importantes sur les perspectives du deuxième trimestre qui, après les déceptions du premier, pourraient avoir un impact significatif sur le consensus 2018.
Outre cette déception, la remontée persistante de l’indice des prix de l’ISM manufacturier n’est pas de bon augure à ce stade du cycle avec pour effet ce mardi de faire remonter le niveau des taux futurs, à un plus haut de 2,51% pour les T-Notes à 2 ans, et 2,97% pour les 10 ans et, dans leur sillage, l’indice dollar, à 92,3, un plus haut depuis le début janvier.
Le repli des ventes d’automobiles du mois d’avril est, par ailleurs, de nature à renforcer les interrogations sur la croissance, la série semblant confirmer le caractère exceptionnel des ventes de ces derniers mois dopées par les effets des ouragans de la fin de l’été dernier.
En l’occurrence, le niveau des ventes plafonne depuis près de trois ans et risque fort de retomber une fois les remplacements liés aux dégats des intempéries effectués, dans un contexte, par ailleurs de renchérissement des conditions de crédit.
L’ensemble n’est pas de nature à rassurer. Si la réaction fortement négative des indices boursiers américains à ces données s’est estompée en fin de séance, ce cocktail n’est assurément pas porteur, venant en particulier renforcer le risque de cassure des tendances de la conjoncture occidentale souligné dans notre dernier hebdomadaire
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