FED FOMC ‘Chi va piano va sano’, en théorie…

Pas de changement en vue du rythme de hausse des taux américains, à en juger par le communiqué de la FED après son FOMC de ces deux derniers jours qui, comme prévu, a laissé les taux directeurs inchangés.

– Si l’appréciation de la FED sur la situation économique reste satisfaisante, le communiqué mentionne le ralentissement de la consommation du début d’année et ne fait plus référence au risque de possible surprise à la hausse de la croissance.

– Prenant acte d’une inflation proche de son objectif, il tempère, par ailleurs, ce constat par l’observation d’une relative stabilité des anticipations d’inflation de plus long terme sur de faibles niveaux et l’anticipation d’un maintien du rythme d’inflation autour de 2%. Sa référence à un objectif symétrique d’inflation laisse également indiquer qu’elle ne suréagira pas en cas d’excès temporaire de l’inflation à son target officiel.

Les derniers développements économiques américains ont semble-t-il fragilisé le sentiment de la FED tel qu’il était ressorti des minutes du précédent FOMC dans lequel il avait notamment été fait mention de la possible nécessité d’une évolution en mode restrictif de sa politique en cas d’emballement de l’activité. Au-delà du ralentissement de la croissance du premier trimestre, jusqu’alors présenté comme temporaire, les données les plus récentes paraissent avoir semé le doute auprès des membres du FOMC sur la trajectoire de l’économie américaine pour justifier ce communiqué relativement « colombe » par rapport aux minutes du précédent comité.

A ce titre, les réactions immédiates des marchés apparaissent plutôt contrariantes. Au-delà d’un léger repli des taux à deux ans, retombés sous le niveau de 2,50% après avoir brièvement dépassé les 2,52% dans l’après-midi, les taux à 30 ans se sont légèrement tendus en même temps que le dollar se réappréciait, à 92,63 pour l’indice ICE – 1,1942 vis à vis de l’euro- entrainant les indices boursiers américains dans le rouge,  avec des replis de 0,7% et 0,4% respectivement pour le Dow Jones et le Nasdaq.

Difficile à ce stade d’en expliquer les raisons, ces réactions risquant d’être en partie liées à l’attentisme à 48 heures de la publication du rapport sur l’emploi du mois d’avril, vendredi. Les tensions sur les taux à 30 ans interpellent néanmoins, dans la foulée de la publication des comptes publics et la révision à la hausse du programme d’émissions obligataires du deuxième trimestre intervenus plus tôt dans la journée… Un point à surveiller de près en cas de déceptions persistantes sur la croissance susceptibles de questionner l’évolution des conditions de financement futures de l’économie américaine en cas de politique jugée trop timorée; un scénario toutefois peu compatible avec le regain de vigueur du dollar. 

Ces contradictions incitent à la prudence quant à l’interprétation de ces réactions dans un environnement hautement incertain que le rapport de vendredi permettra peut-être d’éclairer.  

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