Décidément pas bons les PMI du mois de mai

Les mauvaises nouvelles ont commencé au Japon ce matin avec un nouveau repli de l’indicateur manufacturier, de 1,3 points en mai, à 52,5, son plus faible niveau depuis août, à l’origine d’un fort repli des taux longs nippons. Elles se sont poursuivies en zone euro avec un nouveau repli du PMI manufacturier allemand de 1,3 point également, à un plus bas de quinze mois -quand bien même très supérieur au japonais-, de 56,8, inférieur de 6,5 points à son point haut de décembre. Dans un tel contexte, le léger rebond de l’indice français, peine à consoler, ceci d’autant que le PMI services, lui, s’effondre de 3,1 points, une correction de rare ampleur comparable à celles observées pour la dernière fois en 2012.

Si les effets saisonniers et les grèves expliquent vraisemblablement une partie de cette mauvaise nouvelle en France, les détails de l’enquête ne permettent pas d’en apprécier la responsabilité avec certitude. Selon le communiqué de Markit, la croissance de l’emploi et de la production aurait en particulier continué à progresser tandis que celle des nouvelles commandes serait à un plus bas de 17 mois. On aurait pu s’attendre à un rebond de ces dernières si l’activité avait été contrariée par des effets ponctuels ; ce n’est pas le cas.

La mauvaise tenue du PMI des services allemand, n’incite pas non plus à trop minimiser le résultat français. Celui-ci s’est également replié de près d’un point pour s’établir à un bas niveau de 52,1 points, le plus faible depuis septembre 2016.

Au total, ces données sont mauvaises avec, comme dans le cas du Japon, pour effet immédiat de faire refluer les taux futurs européens et, au-delà, les taux longs américains avec des corrections en points de base d’ampleur comparables, de 4 à 5 points pour les échéances à 10 ans, les taux à deux ans allemands retombant pour leur part à -0,62 %.

La déception, il faut dire, est de taille, remettant en cause l’idée dominante d’un ralentissement seulement temporaire de la croissance économique au premier trimestre. Les prévisions du consensus seront à l’évidence affectées par ces nouvelles données du climat des affaires.

 

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