Minutes du FOMC – Sans convictions suffisantes, des minutes finalement plus ‘dovish’ qu’attendu

Lors de sa conférence de presse post FOMC, le 14 juin, Jérôme Powell, le président de la Fed a commencé son allocution par les mots suivants : ‘le principal point à retenir est que l’économie se porte très bien’. Assortie d’une révision à la hausse de ses projections de la FED en faveur de quatre hausse des taux, plutôt que trois, cette année, d’un relèvement de ses prévisions de croissance et d’inflation et d’une promesse de RDV toutes les six semaines, au terme de chacun des FOMC, à partir de janvier, le message semblait des plus clairs : la FED était confiante et s’apprêtait à durcir le ton, envisageant de passer en mode restrictif en programmant une remontée de ses taux au-dessus de leur neutralité (cf « FOMC-RDV toutes les six semaines »).

Les détails du FOMC délivrés par les minutes sont, à ce titre, surprenants, décrivant tout à la fois une FED confortée par des résultats économiques satisfaisants, en même temps que très incertaine sur son diagnostic et la persistance de ces tendances. Inquiète des répercussions susceptibles d’émaner de l’intensification des tensions commerciales entre les Etats-Unis et le reste du monde, la FED s’interroge sur les perspectives d’investissement, déjà entamées par les menaces protectionnistes. Par ailleurs, comme les précédentes, les minutes reviennent assez longuement sur les risques suggérés par l’aplatissement de la courbe des taux dont plusieurs membres souhaitent suivre les développements de près quand bien même les facteurs spécifiques, à même de réduire son caractère prédictif, sont chaque fois mentionnés. Enfin, les risques internationaux sont également source de doutes.

En somme, ces minutes dévoilent une FED nettement moins assurée que ne l’était apparu son Président devant la presse le 14 juin malgré sa détermination apparente à poursuivre la ligne qu’elle s’est fixée. Ainsi, malgré une légère remontée des taux à deux ans, ces derniers n’ont pas retrouvé les niveaux atteints immédiatement après le FOMC du 14 juin, quand les taux à plus long terme se sont, à l’inverse, repliés en même temps que le dollar. À ce rythme, la FED risque effectivement d’être rapidement rattrapée par les craintes qu’un aplatissement trop rapide de la courbe des taux sont susceptibles d’engendrer, avec des rendements à 30 ans retombés à moins de 2,95 %, leur niveau de la fin du mois de décembre. Un ensemble très fidèle à ce stade à notre scénario…

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