Le ZEW allemand définitivement dans des zones à risques pour les perspectives allemandes

L’indicateur ZEW du climat des affaires en Allemagne, selon les analystes financiers, n’a pas trouvé de quoi se stabiliser ce mois-ci, malgré le léger aplanissement des relations commerciales avec les Etats-Unis et les statistiques réconfortantes de commandes et de production récemment publiées. En juillet les deux composantes sur les perspectives et les conditions courantes ont, de nouveau, fortement baissé, faisant refluer l’indice synthétique de plus de huit points, à 23,9, un plus bas depuis juillet 2016.

Risque de récession technique en Allemagne

Si le repli du sentiment sur les conditions courantes s’est accéléré ces deniers mois, c’est surtout par le bas niveau de l’indice des perspectives que les résultats de cette enquête préoccupent. L’indicateur des perspectives a en effet continué de s’enfoncer en territoire négatif, à -24,7 points pour la première fois depuis septembre 2012. Très inférieur à sa sa moyenne de long terme de +23, un tel niveau a par le passé généralement été suivi d’une très nette détérioration de la conjoncture allemande, en l’occurrence de récessions au moins techniques (repli ponctuel du PIB).

Dans un tel contexte, la relative solidité de l’indice des conditions courantes n’est pas de première importance ; le creusement de l’écart entre ces deux indices est traditionnel des périodes de retournement conjoncturel.

Repli généralisé des indicateurs sectoriels

Les détails par secteur ne rassurent pas davantage. Le sentiment sur les secteurs traditionnellement les plus importants pour l’industrie allemande et les plus exportateurs a, en effet, continué sa correction baissière, l’automobile en tête mais pas seulement, la dégradation continuant à gagner du terrain dans l’électronique, la chimie et la mécanique.

Le sentiment sur les secteurs plus domestiques s’étiole, avec une nette dégradation supplémentaire dans le commerce de détail, cohérente avec ce qui est observé sur le front de la consommation des ménages allemands ces derniers temps, un tassement de l’indice dans la construction (secteur ayant largement soutenu la croissance de la production récemment) et, sans surprise, un nouveau repli des indices relatifs aux banques et assurances.

L’ensemble laisse peu de branches auxquelles se raccrocher. Dans le sillage de cette enquête, l’IFO a tout lieu de renvoyer des messages susceptibles d’avoir un écho négatif important sur le consensus des économistes sur la croissance allemande.

 

Partager ceci :
Share

Laisser un commentaire