Mark Carney encore une fois pris à rebours par les chiffres d’inflation

L’inflation au Royaume-Uni en juin est restée stable à 2.4% en g.a. C’est en deçà de nos attentes ainsi que de celles du consensus et de la Banque d’Angleterre qui, dans ses dernières minutes de politique monétaire, pointait un risque d’accélération sur les prochains mois. La surprise à la baisse est venue de l’inflation sous-jacente qui a ralenti de 2.1% à 1.9%, son plus bas niveau depuis plus d’un an.

L’inflation RPI est ressortie en ligne avec nos attentes à 3.3% en g.a mais en deçà de celles du consensus.

L’énergie, seul facteur de hausse

À l’encontre de nos anticipations et de la dynamique enregistrée en Zone Euro, la croissance des prix de l’alimentation n’a pas accéléré. Du coup, le seul facteur de tension inflationniste a été les prix de l’énergie dans le sillage d’une hausse de l’ordre de 2% sur le mois des prix de l’essence ainsi que de ceux du gaz/électricité après les hausses de tarifs par de nombreuses compagnies énergétiques. Au total, les prix de l’énergie croissent de 8.6% en g.a. contre 5.7% le mois précédent et ont donc contribué à hauteur de 0.6% à la hausse de l’inflation annuelle.

Cette contribution positive va, à partir du mois d’août, commencer à jouer en sens inverse sur l’inflation. Les effets de bases deviennent négatifs, en effet, et les prix du pétrole sont en recul ces dernières semaines. L’évolution de l’inflation sous-jacente devient donc primordiale pour prévoir l’inflation totale à moyen terme.

L’inflation sous-jacente sous observation

Depuis un pic à 2.5%/2.7% fin 2017, la croissance de l’inflation sous-jacente ralentit et le chiffre de juin vient un peu plus accentuer cette tendance.

Le ralentissement de juin peut être dû à des facteurs temporaires. Alors que les prix des services se stabilisent autour de 2.3% en g.a., les prix des biens industriels se tassent à 1.3% (contre 1.8% en mai) dans le sillage d’une baisse des prix des textiles et des biens de loisirs. En début de période de soldes, ces éléments peuvent être très volatils au mois le mois. Il convient donc d’être prudent et il faudra sans doute attendre les chiffres de septembre avant d’avoir une vision claire sur l’évolution à moyen terme des prix des biens industriels.

Toutefois, ce ralentissement contribue à ancrer un peu plus l’idée que le risque inflationniste lié à la dépréciation de la devise post-referendum est beaucoup plus modeste qu’anticipé. C’est ce risque qui avait déclenché un changement de ton dans la gestion de la politique monétaire fin d’année dernière. Par ailleurs, le bas niveau du taux de chômage n’a, à ce stade, aucun effet majeur sur l’inflation salariale.

Sans rebond de l’inflation sous-jacente à la sortie de l’été, le ralentissement de l’inflation à douze mois pourrait être plus marqué que celui anticipé dans le dernier rapport d’inflation de la banque d’Angleterre et, donc, altérer quelque peu le scénario de remonté graduel des taux d’intérêt tel qu’annoncé pour le moment.

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