Preview Inflation Royaume-Uni – Rebond temporaire

Dans son dernier rapport d’inflation, la banque d’Angleterre anticipe une décélération graduelle de l’inflation sur les prochains trimestres. Nous validons ce scénario même si en juin celle-ci devrait afficher un rebond temporaire. Nous anticipons un indice CPI et RPI à 2.6% et 3.4% en g.a. après respectivement 2.4% et 3.3% en mai. Par rapport au consensus, nos estimations sont en ligne, avec toutefois, un biais légèrement à la baisse sur l’indice RPI.

Comme partout, l’énergie et l’alimentation poussent l’inflation à la hausse en juin

Comme pour la Zone Euro et les Etats-Unis, l’énergie sera le principal facteur d’accélération de l’inflation. Dans le cas du Royaume-Uni, ce facteur est accentué par l’annonce de hausses des tarifs de plusieurs entreprises énergétiques.

•     En juin, les prix de l’essence ont grimpé de plus de 2% contre une baisse de l’ordre de 1% un an plus tôt. Le glissement annuel va donc fortement accélérer.

•     British Gas et EDF ont annoncé des hausses de tarifs pour la fin du mois de mai. Cet impact sera donc capturé dans ce chiffre de juin. La banque d’Angleterre anticipe que ces hausses doperont l’inflation à hauteur de 0.1% sur l’année à venir.

Après une forte décélération depuis le début de l’année, en partie responsable du ralentissement de l’inflation totale, les prix de l’alimentation devraient se tendre légèrement (de 2.8% à 2.9% en g.a.) via un rebond des produits frais, comme observé en Zone Euro.

L’inflation sous-jacente reste stable

A la hausse aux Etats-Unis, en ralentissement en Zone Euro, l’inflation sous-jacente au Royaume-Uni devrait rester stable. La période juin/septembre se caractérise toutefois par un risque de forte volatilité, conséquence des impacts des soldes sur des secteurs comme l’habillement et de la saison estivale sur les prix du transport et des loisirs.

Il faudra toutefois scruter la dynamique des prix des biens hors énergie. En effet, en début d’année, la banque d’Angleterre s’était inquiétée des risques inflationnistes liés à la forte dépréciation de la devise. Depuis, ces risques ont reflué avec des prix des biens industriels ralentissant de 2.5% fin 2017 à 1.8% en g.a en mai. Pour juin, nous n’excluons pas une remontée vers 2%. Toutefois, celle-ci devrait essentiellement refléter l’impact d’effets de base positifs sur les prix de l’habillement, un facteur temporaire.

Dans le même temps, l’inflation dans les services pourrait se tasser dans le sillage d’un ralentissement de la hausse des prix des transports après le rebond du mois dernier.

Au-delà de juin, voire juillet, sans nouveau choc sur le devise et alors que la hausse des salaires semble marquer le pas, l’inflation devrait ralentir pour revenir vers 2% à la fin du premier semestre de l’année prochaine. Comme partout ailleurs, cela reflète l’impact des effets de base des prix de l’énergie. Ce scénario est proche de celui de la banque d’Angleterre après sa révision en baisse affichée dans son dernier rapport d’inflation. Pour l’indice RPI, nous anticipons une décélération vers 3% sur la même période.

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