La belle surprise de l’IFO, un effet de la politique d’investissement public ?

Après six mois de repli ininterrompu, l’indice IFO du climat des affaires en Allemagne s’est singulièrement amélioré en août, se redressant de plus deux points, à 103,8, ce qui équivaut à effacer les baisses des cinq derniers mois. Selon les estimations de l’Institut, l’indice serait ainsi passé d’un niveau synonyme de forte probabilité de contraction de l’activité économique dans laquelle il oscillait depuis mars à celui d’une forte probabilité d’expansion. À un moment où l’espoir de voir l’activité se ressaisir au second semestre commençait à sérieusement s’éroder, la nouvelle est donc d’importance. Quel poids lui donner ?

La lecture des détails de l’enquête ne soulève guère doute : le regain de confiance des professionnels allemands provient en tout premier lieu du bond exceptionnel de leurs perspectives à six mois dont l’indicateur s’est adjugé plus de trois points en août, de 98,2 à 101,2, un mouvement d’une ampleur exceptionnelle, très rarement observé ; le dernier remonte à février 2013.

L’indicateur sur les conditions courantes, qui avait beaucoup moins reflué, remonte également, mais dans une proportion plus habituelle, d’un point par rapport au mois de juillet.

Alors, l’économie allemande est-elle sur le point de rebondir, dès lors que la promesse d’un accord de libre-échange américano-européen, qui a forcément contribué à ce regain d’optimisme, mettrait l’automobile allemande à l’abri des menaces de sanctions commerciales ?

Tous les détails de l’enquête IFO ne sont pas encore disponibles et ne permettront que dans quelques jours de mieux appréhender l’évolution de la situation. À ce stade néanmoins, les indications pour les grandes branches offrent déjà un certain nombre d’informations intéressantes.

  • L’amélioration du climat des affaires tient davantage aux secteurs des services et à la construction qu’à l’amélioration dans l’industrie. Ce constat est cohérent avec l’observation d’un net accroissement des dépenses publiques d’investissement dans la construction depuis le début de l’année qui dénote un changement d’orientation de la politique publique, potentiellement bénéfique au secteur des services également.

Au deuxième trimestre, la contribution du secteur public à la croissance du PIB allemand s’est révélée relativement soutenue que ce soit en matière de dépenses courantes (consommation) ou d’investissement dans la construction, essentiellement non-résidentielle. La tendance, si elle n’est pas nouvelle semble prendre une allure plus régulière et plus soutenue que jusqu’alors.

  • Sur le front manufacturier en revanche, comme sur celui du commerce, les tendances ne sont, à ce stade, guère meilleures que jusqu’alors. Le climat des affaires dans le commerce reste très en retrait de celui enregistré dans les autres pans de l’activité ce qui pose incontestablement question quant à la vigueur de la demande privée. La situation dans l’industrie manufacturière reste, par ailleurs, incertaine, au vu notamment de la dégradation persistante de l’appréciation des industriels sur les conditions courantes.

Il serait au total, sans doute erroné de considérer que le ralentissement récent puisse être uniquement attribuable aux dissensions commerciales avec les Etats-Unis qui, une fois levées…, pourraient dégager l’horizon conjoncturel. En revanche, sans doute faut-il donner un peu plus d’importance au changement qui semble s’opérer en matière de politique d’investissement public qui, si elle vient à se confirmer -ce qui est probable- pourrait, sinon assurer une reprise imminente de la croissance, du moins modifier assez sensiblement les rouages et caractéristiques conjoncturels outre-Rhin et constituer une bonne nouvelle structurelle.

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