Preview Inflation Zone Euro & France – La décélération commence

Après avoir atteint en juillet un point haut depuis plus de six ans à 2,1 %, l’inflation en Zone Euro devrait commencer son mouvement de décélération en août. Nous anticipons un chiffre en deçà du consensus des économistes à 2,0 % en glissement annuel. De même pour la France attendue à 2,1 % après 2,3 %.

Cette dynamique résulte essentiellement de l’impact des effets de base sur les prix de l’énergie tandis que l’inflation sous-jacente devrait rester stable à 1,1 % en glissement annuel.

L’impact des effets de base sur l’énergie se met en place

Les prix de l’essence sont restés stables sur le mois alors qu’ils avaient augmenté de 1,2 % en août 2017. Cela crée un effet de base pour un ralentissement de l’inflation. Dans le cas de la France, la baisse des prix de l’énergie devrait être encore plus marquée à cause de la baisse des prix de l’électricité (annoncés à -0,5 % sur le mois) alors qu’ils avaient augmenté à la même période l’année dernière (+1,5 % en août 2017)

Pour la Zone Euro, dans l’hypothèse d’une stabilisation des prix du pétrole sur le deuxième semestre, la croissance des prix de l’énergie devrait ralentir vers 8,5 % en glissement annuel en décembre contre plus de 14 % en juillet. Cela aura un impact négatif sur l’inflation totale de l’ordre de 0,4 % d’ici la fin de l’année (et de l’ordre de 0,8 % d’ici l’été prochain). Celle-ci devrait donc ainsi ralentir vers 1,7 % en glissement annuel. Un scénario qui diverge quelque peu de celui de la BCE qui anticipe une inflation relativement stable autour de 2 % sur cette période. Une stabilité qui tient à l’anticipation d’une accélération de l’inflation sous-jacente.

Inflation sous-jacente anticipée stable…en attendant les chiffres de septembre

L’inflation sous-jacente a progressé légèrement à 1,1 % en glissement annuel le mois dernier après 1,0 % en juin. Toutefois, ce chiffre reste dans la moyenne des chiffres observés depuis le début d’année et il est difficile d’y voir à l’heure actuelle un début d’accélération. Pour valider le scénario de la BCE, il faudrait que les prochains chiffres montrent une amélioration durable.

Il est toujours difficile d’avoir une bonne lecture de l’inflation sous-jacente au cours de l’été à cause de la saisonnalité forte de certaines composantes (textile, loisirs…). Il faudra donc attendre les chiffres de septembre/octobre pour avoir une vision plus claire des tensions sous-jacentes. Pour le mois d’août, nous anticipons une inflation stable à 1,1 % avec toutefois une baisse des prix du coton depuis fin juillet qui pourrait peser sur les prix du textile sur les prochains mois.

Les produits frais, toujours un facteur de risque à la hausse ?

Du côté des prix de l’alimentation qui représente près de 20 % de l’indice des prix, les effets de base sur les prix des produits transformés devraient, comme pour l’énergie, favoriser une décélération. Toutefois, conséquence de la vague de chaleur qui touche le continent, ceux des produits frais pourraient surprendre à la hausse. Il faut se rappeler que lors de la précédente grande vague de chaleur en 2003, ceux-ci avaient progressé de 2,5 % à plus de 4 % en glissement annuel entre juin et septembre, contribuant ainsi à une hausse de l’inflation totale de 0,1 % à 0,2 % sur l’été.

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