Postview Inflation Euro & France : Un ralentissement généralisé…sauf en France

Selon l’estimation préliminaire, l’inflation en Zone Euro a ralenti en août à 2,0 % en glissement annuel, en ligne avec nos attentes mais en deçà du consensus qui anticipait une stabilité à 2,1 %. Le ralentissement touche l’ensemble des composantes et se retrouve en Allemagne (1,9 % après 2,1 %), en Italie (1,7 % après 1,9 %) et en Espagne (2,2 % après 2,3 %). La France est une exception, temporaire selon nous, l’inflation s’avérant plus résiliente que nos attentes (stable à 2,6 % sur l’indice harmonisé, 2,3 % sur l’indice national).

Toutes les composantes de prix ralentissent

On attendait un ralentissement de l’inflation essentiellement à travers l’impact des effets de base de l’énergie mais c’est finalement l’ensemble des composantes qui se tassent.

  • Du côté de l’énergie, la hausse des prix ralentit légèrement, à 9,2 % en glissement annuel (9,5 % précédemment). Nous n’avons pas encore tous les détails des chiffres mais il est probable que certaines hausses de prix administrés (gaz, électricité) ont amorti une partie de la baisse des prix à la pompe. Il faut toutefois garder en tête que l’impact négatif des effets de base en provenance de l’énergie va avoir tendance à s’amplifier sur les trois prochains mois.
  • Du côté de l’alimentation, que nous avions signalé comme un des principaux facteurs de risque à la hausse. L’inflation est stable à 2,5 % mais celle des produits frais semble plafonner à 2,4 % (après 2,5 %) ; il est possible que l’impact de la vague de chaleur ait été plus modéré que ce que l’on aurait plus craindre ou quelque peu décalé dans le temps. La France a, toutefois, fait exception, avec des prix des produits frais qui ont continué de se tendre (6,8 % après 6,4 %). Ce facteur explique pour partie la résistance de l’inflation française par rapport au reste de la zone.
  • L’inflation sous- jacente ralentit à 1,0 % après 1,1 %, via un tassement des prix des services et des biens, sans aucune amélioration sur ce front, donc.

En conclusion, un chiffre qui valide l’idée que le point haut de l’inflation est passé. S’il faut rester prudent sur l’évolution de l’inflation sous-jacente à cette période de l’année (conséquence de la forte volatilité saisonnière), le fait que le ralentissement soit général (biens et services) n’augure pas favorablement pour le scénario de la BCE d’une accélération au second semestre. Enfin pour la France, cette résistance à la baisse de l’inflation continue de peser sur le pouvoir d’achat à un moment où le gouvernement doit rendre ses arbitrages budgétaires.

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