Zoom arrière Juin 2018 – Chausse-trappes obligataires

Ni l’amélioration des données économiques américaines, ni l’apaisement des tensions en provenance d’Italie, la remonté de l’inflation ou le durcissement des politiques monétaires ne sont parvenus à inverser les tendances au repli généralisé des taux à long terme au cours du mois écoulé. Aux Etats-Unis, le rendement des T-Notes à 10 ans est retombé à 2,92 % dans les jours qui suivirent le FOMC des 12 et 13 juin, en dépit du relèvement d’un quart de point des Fed funds et du scénario de la FED pour cette année. En Allemagne, après une chute jusqu’à 30 points de base du taux du Bund à 10 ans au pire de la crise italienne, le communiqué plus accommodant que prévu de la BCE a court-circuité la remontée des taux permise par la mise à l’écart du sujet d’une sortie de l’Italie de la zone euro par le nouveau président du Conseil, G. Conte ; mi-juin, les taux allemands étaient retombés à 0,4 %, moitié moins qu’à la mi-février.

Au Royaume-Uni, la conviction que la banque centrale ne pourra pas se permettre une nouvelle volte-face sous peu, a laissé les marchés indifférents aux résultats économiques de meilleure facture ; les taux longs ont, ainsi, emboité le pas aux allemands.

Rassurés par les statistiques économiques du deuxième trimestre et la perspective d’une rencontre historique entre les dirigeants américain et nord-coréen, les bourses américaines ont vite récupéré le terrain perdu fin mai, retrouvant mi-juin leur niveau de mars, à peine inférieur de 3 % au point haut du 26 janvier pour le S&P 500. Le redressement des indices européens a été plus laborieux, dans un contexte de déceptions conjoncturelles, de faiblesse persistante des valeurs bancaires et de remontée de l’euro par crainte d’un durcissement de la politique monétaire de la BCE. Porté par le décrochage du yen, l’indice Nikkei a mieux tiré son épingle du jeu.

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Repli généralisé des taux à long terme, les banques trinquent

L’environnement macro-économique et financier international n’avait pas besoin des interférences des banques centrales de cette semaine pour être déjà d’une rare complexité. La confrontation d’orientations de politiques monétaires opposées de la FED et de la BCE a densifié un peu plus l’écheveau financier, multipliant les anomalies et incohérences apparentes ainsi que les incertitudes qui en découlent. Parmi celles-ci, deux interpellent plus que toutes autres :

  • l’énigme de l’inertie des taux longs américains au triple constat du durcissement de la politique de la FED, du dérapage accéléré de la situation budgétaire américaine et d’une amélioration simultanée des perspectives conjoncturelles et de l’inflation ;
  • le décrochage des valeurs bancaires européennes et les questions que pose cet état de fait sur les perspectives de l’ensemble du marché.

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FOMC – Les annonces suspectes du président de la FED

Jérôme Powell tiendra une conférence de presse après chaque FOMC à partir de janvier… Soit 8 prestations pour 3 hausses prévues en 2019. Suspect, non ?

Conformément aux anticipations, la FED a relèvé le niveau des Fed funds d’un quart de point, dans une fourchette de 1,75 % à 2 %, et a révisé à la hausse sa prévision pour 2018 en faveur de deux relèvements supplémentaires d’ici décembre. Jusque-là, peu de surprise par rapport aux attentes. La FED conserve, par ailleurs, un schéma très graduel de trois hausses de taux en 2018, suivies d’une seule en 2019 ; elle ne peut donc pas être formellement qualifiée de particulièrement « hawkish ». C’est pourtant un changement assez radical que pourrait avoir signifié le Président de la FED, Jérôme Powell, au terme du FOMC de ces deux derniers jours

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La FED pourrait-elle être plus « colombe » qu’attendu et ne pas modifier ses prévisions de hausse des taux ?

Avec trois réunions de banques centrales cette semaine, il serait étonnant qu’aucune ne surprenne par une communication plus ou moins « colombe » ou « fauconne », susceptible d’avoir des effets contrariants par rapport aux attentes. Des différents risques qu’inspirent la situation actuelle, c’est du côté de la FED que semble résider le plus inattendu, celui d’une FED in fine plus « dovish » qu’envisagé.

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Il n’est pas trop tard pour réduire son exposition au risque… Mais pour quoi faire ?

Vous y comprenez quelque chose ? Nous, non, au-delà de quelques bribes qui, dans l’ensemble, n’inspirent guère confiance malgré le caractère particulièrement conciliant de bien de pans de marché. Dans de pareils cas, mieux vaut réduire la voilure et son exposition au risque. Mais pour quoi faire, dans un environnement d’une rare complexité face auquel les opportunités d’investissement se raréfient ? Faut-il :

  • Racheter des obligations ou reconnues sans risque, alors que la FED et la BCE s’apprêtent semble-t-il, de concert, à durcir le ton la semaine prochaine et pourraient déclencher un changement drastique des anticipations de politiques monétaires si jamais elles n’y prenaient garde ? Ou, au contraire, les vendre, dans l’idée que les hausses de taux d’intérêt seront in fine incontournables ?

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Le ralentissement « temporaire » prend racine en Allemagne… La France suit. La tâche se complique pour la BCE

Après la nouvelle chute des commandes à l’industrie publiée hier, la quatrième mensuelle, les données de production de ce matin sont, sans surprise, mauvaises, dressant une image des tendances de l’activité assez difficilement réconciliable avec les prévisions de consensus et les commentaires récents des responsables de politique monétaire, en particulier son économiste en chef Peter Praet.

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