Du combat des populismes aux crises des taux de changes ; l’euro, la livre turque et les autres

Les provocations de l’administration américaine n’ont guère cessé durant la période estivale. Portés par la bonne saison des résultats des sociétés américaines, les marchés ont été relativement insensibles à ces nouvelles jusqu’au début du mois. Le climat s’est toutefois sensiblement détérioré la semaine dernière au cours de laquelle la multiplication des tensions a eu des répercussions significatives sur les marchés des changes qui figurent aujourd’hui au cœur des risques de marchés.

L’euro en route vers la parité ?

La baisse de l’euro finira-t-elle par faire remonter le niveau des taux d’intérêt futurs et par redonner des couleurs au secteur bancaire ?

La chute de la livre turque : quel risque de diffusion ?

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PMI et IFO allemands moins mauvais que le ZEW mais toujours médiocres

Les principaux indicateurs du climat des affaires en Allemagne, maintenant publiés, autorisent une analyse plus fine des tendances conjoncturelles outre-Rhin. Premier constat : les indicateurs les plus prisés résistent mieux que ne le suggéraient les informations en provenance du ZEW ces deux derniers mois. Il s’agit d’une nouvelle importante compte-tenu des signaux préoccupants envoyés par ces dernières, quand bien même, le caractère précurseur du ZEW peut prendre un peu plus de temps avant de transparaître dans les autres enquêtes.

Au-delà, les révélations en provenance des PMI et de l’IFO sont globalement médiocres.

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Le yuan glisse, glisse… Contre le $ et, de facto, d’autres devises, dont l’euro. Les anticipations d’inflation trinquent

La guerre commerciale entre les États-Unis et le reste du monde bat son plein et vire à la guerre des changes, en attendant comme d’aucuns l’envisagent qu’elle aboutisse in fine à abaisser les tarifs douaniers plutôt que l’inverse, une fois que D. Trump aura suffisamment fait trembler la planète… Si la Chine n’a pas officiellement dévalué sa monnaie, évitant par là même le fracas qu’avait causé son action d’août 2015, nul n’est besoin de faire grand-chose, il lui suffit de laisser aller le yuan là où les marchés, logiquement, le poussent : le taux de change a ainsi perdu plus de 5 % de sa valeur contre le billet vert depuis la mi-juin, sans que les autorités n’interviennent, tout au moins jusqu’à ce vendredi. Les conséquences d’une dépréciation du yuan d’ampleur significative seraient considérables à l’échelle mondiale. Dépassant largement la sphère du conflit sino-américain, elles pourraient sans tarder rebattre l’ensemble des cartes des perspectives économiques et financières internationales.

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Barbecue à consommer avec modération, sous réserve de voir les taux directeurs britanniques remonter

Après un hiver particulièrement froid au cours duquel la consommation britannique a été bridée, les températures se sont normalisées outre-Manche, provoquant un rattrapage des dépenses en avril et mai, mois au cours desquels la croissance des ventes de détail s’est redressée de respectivement 1,9 % puis 1,3 % en volume. Mark Carney, qui avait été contraint de ravaler son chapeau début mai à la suite des déceptions de début d’année, n’a pas attendu très longtemps pour reprendre son bâton de banquier central : rassuré sur l’état de santé de l’économie britannique il s’est engagé une nouvelle fois sur la voie périlleuse d’une quasi promesse de remontée des taux directeurs qui, selon toute évidence, prendrait place en août.

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Zoom arrière Juillet 2018 – D. Trump et autres politiques sur tous les fronts

L’actualité économique a eu peine à supplanter l’attention occupée par l’agitation incessante du président américain au cours du mois écoulé. Tétanisée par l’incertitude que font peser les menaces protectionnistes, la BCE a repoussé au plus tôt à l’été 2019 l’éventualité d’une remontée de ses taux directeurs. La FED, qui a relevé sa projection des Fed Funds à quatre hausses cette année, n’a pas convaincu les marchés, lesquels n’intègrent pas à plus de 57 % cette éventualité aujourd’hui.

Malgré les bons résultats sur la conjoncture américaine, l’escalade des tensions commerciales a entretenu un climat de grande incertitude sur les perspectives mondiales. Aux Etats-Unis, plusieurs confédérations professionnelles ont tiré la sonnette d’alarme, demandant le retrait des taxes à l’importation d’acier et d’aluminium. En Europe, les enquêtes auprès des entreprises confirment une nette dégradation du sentiment industriel, malgré le rebond des commandes et de la production allemandes en mai. La légère amélioration sur le front des services est, quant à elle, exposée à la fragilité de la consommation, écornée par les pertes de pouvoir d’achat liées à l’envolée des prix de l’énergie. Si les tensions politiques entre membres de l’UE et l’affaiblissement de Mme Merkel n’ont pas eu d’effets patents sur les agents économiques, elles ont notablement affaibli le sentiment sur la capacité de l’UE à faire face à ses défis ; quand la déconfiture de T. May a remis au premier plan les questionnements sur le Brexit, voire, même, sa concrétisation.

Le fort repli des taux futurs a toutefois redonné un peu d’appétit au risque sur des marchés sur lesquels les valeurs technologiques ont profité de la fragilité des cycliques et de la double sanction des bancaires induit par l’aplatissement des courbes de taux.

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