Et si la courbe de Phillips n’était pas le sujet ?

Le faible niveau d’inflation concentre l’attention des banquiers centraux dont les modèles sont mis à mal par l’anomalie apparente d’une absence d’inflation cyclique. La fonction de réaction des politiques monétaires étant essentiellement assise sur celle du degré de sollicitation des ressources productives, au premier rang desquelles les ressources en emploi, on comprend que les dysfonctionnements de la courbe de Phillips créent un profond embarras. Une approche différente, qui considèrerait non pas la réserve d’emploi mais la dynamique du marché du travail, suggère une réponse à l’anomalie constatée mais ne promet guère d’accélération imminente des salaires.

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Minutes du FOMC – Janet Yellen, « hawk » parmi les « doves »

Loin de la détermination affichée par J. Yellen en faveur d’un durcissement des conditions monétaires après le comité de politique monétaire du mois de septembre, les minutes de ce FOMC soulignent une grande indécision des membres de la FED à l’égard du faible niveau persistant de l’inflation et de la nécessité de remonter davantage les taux directeurs avant d’avoir la confirmation que ce phénomène n’est que transitoire. Contrairement à la posture qu’elle semblait occuper jusqu’alors au sein du conseil, la présidente de la FED, J. Yellen, fait figure de « faucon » ; une volte-face qui, au-delà d’être intrigante, sème le doute quant à l’orientation à venir de la politique monétaire américaine.

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Le taux de chômage américain, indicateur fétiche de la FED, tombe à 4,2 %… Gare au loup

Malin qui peut dire de quel côté s’oriente le curseur du marché de l’emploi américain après la publication du rapport du mois de septembre. Alors que les marchés financiers ont eu pour première réaction d’ignorer la mauvaise nouvelle d’une perte de 30 000 emplois pour donner la primeur aux bons chiffres du taux de chômage et des salaires, l’incertitude reprend le dessus. Aucun indicateur ne laissait supposer, un tel impact des perturbations climatiques sur l’emploi et, donc, l’activité américaine, avant la publication de ce rapport. Dans de telles conditions, pas sûr  que les membres de FED aient la latitude de relever le niveau des Fed funds.

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Garder la tête froide

« Phénomène suffisamment rare pour être souligné », « du jamais vu depuis 2012 »… Le ton des commentaires de ce matin sur la révision à la hausse, de 1,6 % à 1,8 %, des prévisions de l’INSEE sur la croissance française de cette année, laisse dubitatif tant il semble disproportionné. Du même tonneau, les analyses sur le rebond de 3,6 % des commandes à l’industrie allemande du mois d’août semblent un brin décalées par rapport à la réalité économique. Que la conjoncture européenne s’améliore est indiscutable, gare toutefois à ne pas tirer de conclusions trop hâtives face à un contexte de marché financier incitant assurément à voir midi à sa porte.

En l’occurrence, s’il est une raison de se réjouir des statistiques allemandes de ce matin, c’est parce que ces dernières étaient jusqu’alors les grandes absentes de la panoplie des indicateurs d’une meilleure santé de la conjoncture, ce qui finissait par devenir gênant par rapport au discours ambiant. Derrière la statistique allemande des commandes se trouvent, en effet, d’importantes informations sur l’évolution de la demande internationale, en particulier celle de biens d’équipement, dont on attend qu’ils s’inscrivent en phase avec l’embellie pressentie du côté de l’investissement des entreprises. Leur raffermissement est donc une bonne nouvelle. On notera toutefois, qu’à ce stade, leur croissance n’égale pas encore le rythme du premier trimestre de cette année, en particulier du fait d’une persistante mollesse des commandes étrangères dont le niveau n’est pas plus élevé aujourd’hui qu’en début d’année.

L’évolution des autres composantes de la demande étrangère est également plutôt décevante, notamment pour ce qui concerne les ordres en provenance de la zone euro en repli ces deux derniers mois du fait d’une contraction des commandes de biens d’équipement…

Au total, si ces données vont dans la bonne direction, elles mériteront d’être confirmées pour valider le regain d’optimisme en présence au sujet des perspectives tant de l’Allemagne que du reste de la zone euro.

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Impasse espagnole : une crise, vraisemblablement, durable

Difficile d’anticiper les développements à venir en Catalogne après la consultation de dimanche 1er octobre. Sur le papier, la Catalogne serait en mesure de proclamer son indépendance dans les tout prochains jours, conformément à la loi adoptée par le gouvernement catalan début septembre. La crise que pourrait déclencher une telle option invite toutefois certains observateurs et politiques à envisager une annonce dont les effets ne seraient effectifs que dans plusieurs mois, privilégiant ainsi la possibilité de négociations. Dans un cas comme dans l’autre, le vote du 1er octobre risque fort d’avoir ouvert une période de grande incertitude pour l’avenir de l’Espagne.

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Zoom Arrière Septembre 2017 – Impossible normalisation monétaire

Tombée à moins de 40 % fin août, la probabilité implicite d’une nouvelle hausse des Fed Funds d’ici la fin de l’année est remontée à 75 % fin septembre dans la foulée du changement de posture de la FED lors du FOMC des 19-20 septembre. Intervenu une semaine après le relèvement inattendu des taux de la banque du Canada et quelques jours après les déclarations de la Banque d’Angleterre sur sa volonté de relever les siens, les marchés ont vu dans ce changement le signal d’une possible inflexion généralisée des politiques monétaires. La tentative de reprise en mains de la présidente de la FED n’a, toutefois, guère porté ses fruits.

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Trump trade II- Pas tout de suite le grand soir

Il a suffi que l’administration américaine présente un nouveau projet de réforme fiscale pour réveiller l’espoir des investisseurs sur l’éventualité d’un scénario idéal qui verrait se combiner : l’adoption d’un programme de baisse d’impôts aux retombées tellement positives pour l’économie américaine qu’il pourrait autoriser la FED à procéder à la normalisation de ses taux d’intérêt sans heurter les marchés actions, et soutenir le dollar dont la réappréciation diffuserait au reste du monde une partie du surcroît de la croissance américaine… Déjà plébiscité par les marchés dès le lendemain de l’élection de Donald Trump, ce scénario a probablement bien peu de chances de se produire, que ce soit pour des raisons politiques ou économiques.

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