BCE – Quelque chose nous échappe

Contrairement à nos anticipations Mario Draghi n’a rien changé au ton de son communiqué conservant un biais résolument accommodant, notamment souligné par la phrase suivante :

“Les développements économiques et l’analyse monétaire confirment la nécessité de poursuivre la voie d’un soutien monétaire très substantiel pour assurer le retour de l’inflation vers, bien que sous, 2 %, sans retard injustifié”. Cette posture est surprenante dans le contexte présent.

Non seulement parce que la situation économique s’est incontestablement améliorée ces derniers temps mais surtout parce que le contexte inflationniste est en train de rapidement changer (voir à ce titre notre preview d’hier). Nous attendions que l’Allemagne fasse pression pour infléchir le communiqué de la BCE en ouvrant éventuellement la porte à la possibilité d’ajuster le degré de soutien monétaire en place dans le futur, rien de cela ne transparaît dans la publication de ce jour. Lors de sa conférence de presse, le président de la BCE répond à un journaliste au sujet des préoccupations des Allemands « ils doivent être patients ».

Draghi’s put

On ne peut que se réjouir du maintien d’une politique hyper accommodante de la BCE. Ceci devrait permettre de maintenir l’euro aux alentours de ses très faibles niveaux présents, voire en deçà selon ce que fera la FED. Par ailleurs, le niveau des taux d’intérêt devrait échapper à toute pression haussière, quand bien même les échéances à plus de cinq ans seront très sensibles à la tournure de la politique américaine. Alors que les indicateurs économiques européens sont nettement mieux orientés et que la remontée de l’inflation soutien les marges des entreprises, ce statu quo constitue un véritable facteur de soutien aux marchés boursiers européens.

Reste à savoir comment se terminera ce bras de fer avec les opposants à cette orientation. Mais ce sujet n’a apparemment rien d’urgent.

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