Plus indigeste que prévu, la hausse de l’euro plombe l’inflation en zone euro

Intervenue dans un contexte de reprise de l’activité et de net regain de confiance sur les perspectives de croissance, la hausse de l’euro enregistrée depuis le début de l’année n’a pas été considérée comme un élément particulièrement préoccupant par les économistes jusqu’alors. Inférieur à 1,20 USD depuis le milieu de l’été, le cours de la monnaie unique est, en effet, très inférieur à ce qu’il a pu être dans le passé à l’égard de la devise américaine, en même temps que plus conforme à sa parité de pouvoir d’achat. Les données de ces derniers temps illustrent, pourtant, un effet assurément marqué de l’appréciation de la devise européenne sur les marges des entreprises et les prix à l’importation, avec pour résultat un reflux du taux d’inflation sous-jacente en zone euro assez contrariant à ce stade du cycle de reprise. De quoi, mieux comprendre, peut-être, les déceptions boursières de ces derniers mois.

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Le dépeçage de l’économie britannique débute ; effrayantes perspectives

Les conséquences du référendum du 23 juin 2016 s’accélèrent outre-Manche, dressant d’ores et déjà un tableau redoutable de ce qui pourrait advenir, à terme, de l’économie britannique si la raison ne reprend pas sans tarder le dessus à la table des négociations. À quelques quinze mois de la sortie programmée du Royaume-Uni de l’UE, l’incapacité à régler les questions préalables à l’ouverture des discussions sur l’accord commercial censé régir les relations futures entre le Royaume-Uni et l’UE, accroît de jour en jour l’éventualité d’un « hard Brexit », avec à la clé un chaos économique et financier aux ondes de choc difficilement prévisibles d’un côté comme de l’autre de la Manche.

Une telle issue n’est assurément pas celle que les partisans d’un Brexit ont vendue aux électeurs lors de la campagne du référendum. Ainsi, sauf à ce que les conditions dans lesquelles se déroulent les négociations n’aiguisent davantage le ressenti à l’égard des Européens, de telles perspectives sont susceptibles d’alimenter les doutes croissants des Britanniques sur la justesse de leur choix de 2016. Une nouvelle consultation pourrait dès lors voir le jour et éventuellement conduire à refermer ce délicat dossier, sans suite ; scénario que nous envisageons comme assez vraisemblable depuis l’échec de Theresa May aux élections anticipée du 8 juin dernier. En attendant et, surtout, en l’absence de pouvoir parier que telle sera bien la fin de cette épopée, les prochains mois ont tout lieu d’être ceux d’une escalade des menaces que ce divorce annoncé fait planer en Europe.

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Mme Merkel tombe, l’Allemagne devient ingouvernable, l’Europe orpheline

Les réactions des marchés à l’échec de Mme Merkel à former une coalition semblent bien modérées au regard de ce que nous renvoie la situation en présence.

Que l’on soit ou non un fervent partisan de la gestion de Mme Merkel importe peu en comparaison de ce que la Chancelière incarne dans le paysage politique allemand : à savoir la seule candidate à même de réunir des partis politiques, comme partout, déchirés, et incapables de mener à bien une coalition solide sans laquelle l’Allemagne risque de se révéler ingouvernable. L’échec de Mme Merkel est donc synonyme d’instabilité probablement durable. Ni la perspective d’un gouvernement minoritaire ni celle de nouvelles élections que pourrait décider le Président de la république ne préfigurent, en effet, un possible retour au calme sous peu.

L’Allemagne n’est donc pas épargnée par le rouleau compresseur qui, ces dernières années, broie les politiques les uns après les autres laissant grandes ouvertes les portes aux extrêmes. Mais précisément parce qu’il s’agit de l’Allemagne, sans la volonté de laquelle le projet européen est voué à faire, au mieux, du sur-place, cette crise est plus préoccupante encore. L’Europe n’a pas le luxe du temps face à la crise économique en présence et à l’euroscepticisme rampant que cette dernière engendre. Elle n’a pas davantage de temps pour gérer les dossiers les plus chauds de son agenda, au premier rang duquel, le dossier Brexit.

Que les marchés financiers ne s’en émeuvent pas plus que cela aujourd’hui ne doit pas nous leurrer : l’échec des négociations de Mme Merkel a fait franchir à l’Europe un pas de plus vers l’inconnue de son destin car il n’existe pas de frontière entre la crise politique outre Rhin et ses ramifications européennes.

Le taux de change, cheval de bataille de la BCE. Une fuite en avant, bien que compréhensible

Lorsqu’en septembre dernier, Mario Draghi a mentionné l’évolution du taux de change de l’euro comme une des variables susceptibles d’influencer le cours de la politique monétaire de la BCE au même titre que l’inflation et la croissance, rares sont les économistes ayant pris cette annonce pour argent comptant. L’envolée de la monnaie unique depuis le printemps et les risques évidents de poursuite de cette tendance en cas de virage moins accommodant de la politique monétaire européenne, justifiaient une certaine prudence et rendaient acceptable une entorse à la règle jusqu’alors établie d’absence de responsabilité de la BCE à l’égard du taux de change. Sept semaines plus tard les préoccupations sur ce sujet semblaient être retombées. Non seulement, les économies de la zone euro, fortes de très bons résultats économiques, paraissaient s’être accommodées de la hausse de la monnaie unique, mais la FED avait clarifié sa stratégie, laquelle était en mesure de réduire le risque d’appréciation additionnelle de la monnaie européenne. La BCE pourrait dès lors, en théorie, se délester de cette contrainte et s’engager de manière plus décisive sur la voie de normalisation progressive de sa politique.

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Flegme britannique grandeur nature… mais bientôt mis à l’épreuve

Bluffés par la bonne résistance de l’économie britannique au vote du 23 juin et convaincus que le processus de sortie de l’UE prendra des années avant de se concrétiser, les observateurs n’ont guère réagi à la victoire de T. May à la Chambre des Communes et à la perspective d’un enclenchement effectif de plus en plus vraisemblable de l’article 50 d’ici fin mars. La livre Sterling s’est d’ailleurs légèrement raffermie ces derniers jours, laissant envisager que le pire puisse être dépassé pour la devise britannique. 
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Les leçons d’ouverture économique de Theresa May

Sous une apparence conciliante, la première Ministre britannique a engagé aujourd’hui ce qui s’apparente à un bras de fer avec l’UE en confirmant la ferme volonté du gouvernement de mener à bien le processus de sortie du Royaume-Uni de l’UE, réfutant tout scénario intermédiaire.

Idéalement, le Royaume-Uni retrouvera toute sa souveraineté tout en négociant un nouveau pacte commercial avec ses partenaires et en pratiquant une politique d’ouverture internationale qui devrait aboutir à faire de l’économie britannique une grande nation commerçante mondiale. Lire la suite…

SPECIAL – Images d’Italie

Rejet de la réforme constitutionnelle proposée par Matteo Renzi ou non, ce 4 décembre, la question du devenir de l’Italie dans le zone euro se posera à l’occasion des prochaines échéances électorales de 2018 ou d’élections anticipées provoquées par une défaite trop cinglante du Président du Conseil, ce dimanche.  Lire la suite…