Repli généralisé des taux à long terme, les banques trinquent

L’environnement macro-économique et financier international n’avait pas besoin des interférences des banques centrales de cette semaine pour être déjà d’une rare complexité. La confrontation d’orientations de politiques monétaires opposées de la FED et de la BCE a densifié un peu plus l’écheveau financier, multipliant les anomalies et incohérences apparentes ainsi que les incertitudes qui en découlent. Parmi celles-ci, deux interpellent plus que toutes autres :

  • l’énigme de l’inertie des taux longs américains au triple constat du durcissement de la politique de la FED, du dérapage accéléré de la situation budgétaire américaine et d’une amélioration simultanée des perspectives conjoncturelles et de l’inflation ;
  • le décrochage des valeurs bancaires européennes et les questions que pose cet état de fait sur les perspectives de l’ensemble du marché.

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Il n’est pas trop tard pour réduire son exposition au risque… Mais pour quoi faire ?

Vous y comprenez quelque chose ? Nous, non, au-delà de quelques bribes qui, dans l’ensemble, n’inspirent guère confiance malgré le caractère particulièrement conciliant de bien de pans de marché. Dans de pareils cas, mieux vaut réduire la voilure et son exposition au risque. Mais pour quoi faire, dans un environnement d’une rare complexité face auquel les opportunités d’investissement se raréfient ? Faut-il :

  • Racheter des obligations ou reconnues sans risque, alors que la FED et la BCE s’apprêtent semble-t-il, de concert, à durcir le ton la semaine prochaine et pourraient déclencher un changement drastique des anticipations de politiques monétaires si jamais elles n’y prenaient garde ? Ou, au contraire, les vendre, dans l’idée que les hausses de taux d’intérêt seront in fine incontournables ?

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Emploi américain : le rapport qui change la donne pour la FED

Après des résultats ambigus le mois dernier, à partir desquels chacun pouvait trouver midi à sa porte, le rapport sur l’emploi américain du mois de mai a le mérite de clarifier la situation. Non seulement les créations d’emplois retrouvent de la vigueur mais la croissance des salaires confirme la tendance à la normalisation de la courbe de Phillips. Dans un tel cas de figure, la FED n’a théoriquement guère le choix ; il lui faudra changer son fusil d’épaule. Une évolution que les prochains chiffres d’inflation, dopés par les effets pétroliers, devraient rendre d’autant plus naturelle dans un contexte, qui plus est, de raffermissement de l’activité.

Dès lors, quoi qu’il en soit des incertitudes et de la prudence suscitées par les tensions commerciales en cours, l’espace pour un possible retranchement de J. Powell semble dorénavant très limité. En d’autres termes le rapport sur l’emploi du mois de mai a toutes les chances de constituer un changement de donne aux conséquences vraisemblablement significatives pour les marchés.

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Pays émergents : du statut doré d’il y a peu à celui de « junk », ou, le spectre d’une réplique de la crise des subprimes

À en juger par la déferlante d’analyses subitement anxiogènes de ces derniers jours, le diagnostic semble faire l’unanimité : les marchés émergents sont en crise et ce n’est pas fini. Alors que nombreux investisseurs vantaient encore début avril l’attractivité des placements dans des « pays dotés d’une croissance économique et de taux d’intérêt structurellement plus élevés que les économies développées », l’escalade à la hausse des taux d’intérêt américains et du dollar s’est transformée en quelques semaines en une crise de défiance à laquelle n’échappe, de près ou de loin, aucune des nations émergentes aujourd’hui.
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Hausse du pétrole versus détérioration des fondamentaux américains, une partie serrée pour la paire euro-dollar

Après avoir perdu quasiment toute influence sur le cours de l’euro-dollar depuis de début de l’année dernière, les écarts de taux d’intérêt semblent avoir repris la main sur ce marché, dans le sillage de l’envolée des cours du brut. Ce regain de sensibilité, s’il persiste, pourrait avoir des conséquences radicales sur les taux de changes. À supposer, en effet, que le comportement de la paire euro-dollar se normalise par rapport à sa fonction de réaction de long terme, c’est un cours inférieur à la parité que suggèreraient les situations respectives actuelles des États-Unis et de la zone euro…

Reste cependant, que cette fonction de réaction a été largement démentie ces derniers temps, affaiblie par la détérioration des perspectives structurelles de l’économie américaine, de sorte que, nombreux économistes qui s’étaient fiés à ces modèles ont été pris à revers tout au long de l’année dernière. Alors, l’envolée des cours du pétrole aura-t-elle ce pouvoir de normaliser la situation et de conduire à une envolée du billet vert dont le corolaire serait un effondrement de l’euro ?

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Les marchés saluent les succès diplomatiques de D. Trump ! À moins que ce ne soit le rétropédalage des banquiers centraux…

C’est sans doute le propre d’un environnement dans lequel continuent à abonder les liquidités, les marchés sont résilients !

En dépit des déceptions économiques, mondiales, des menaces sur les perspectives de croissance provoquées par l’envolée des cours du pétrole et de la montée des risques géopolitiques sur la scène internationale, les marchés d’actions mondiaux ont repris des couleurs depuis le début du mois, avec, au cours des huit derniers jours, une progression de 3,5 % du S&P 500 américain, de 2,4 % pour l’indice MSCI monde et une poursuite sur leur lancée du CAC et du Footsie. Le contexte voudrait que l’on observe ce mouvement avec la plus grande circonspection mais le bon sens n’est pas toujours le meilleur conseiller en matière boursière, notamment en régime de QE.
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Rapport sur l’emploi américain : le diable est dans les détails

Trop généreuses, les créations d’emplois risquaient d’attiser les tensions à la hausse des taux d’intérêt ; trop faibles elles risquaient de saper la confiance à l’égard de la croissance américaine. Dans les deux cas, les risques d’une réaction négative du marché boursier américain au rapport sur l’emploi de ce mois-ci étaient significatifs. à un moment où les indices boursiers sont à deux doigts de pouvoir casser les points bas de la fin mars et où les taux d’intérêt à 10 ans semblent prêts à s’envoler au-delà de la limite des 3 %, les enjeux du rapport sur l’emploi de ce mois-ci allaient bien au-delà de son importance habituelle.

Finalement, comme c’est souvent le cas dans ce type de situation, chacun trouve dans ce rapport ce qu’il y cherche et sans doute faudra-t-il une ou deux informations complémentaires (l’inflation d’avril ? surenchère pétrolière ?) pour faire basculer la balance dans un sens ou dans l’autre dans les jours à venir. Pour autant, la conclusion est sûre : les choses se compliquent.

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Ralentissement transitoire ou cassure ? Autopsie des premiers éléments de la croissance du premier trimestre des pays développés

Le ralentissement de la croissance des premiers mois de 2018 a surpris bon nombre d’observateurs après une fin d’année dernière sur les chapeaux de roues à l’origine d’un regain généralisé d’optimisme sur les perspectives 2018 et 2019. Les premières estimations de PIB du premier trimestre, maintenant à disposition, l’analyse consiste surtout à tenter de départir les éléments transitoires des facteurs potentiellement plus durables du ralentissement observé. De ce diagnostic dépendra, in fine, la sensibilité des prévisions du consensus aux données du premier trimestre. À ce stade, trois faits marquants ressortent des publications récentes :

  • un ralentissement généralisé des dépenses de consommation,
  • un tassement de la croissance de l’investissement des entreprises,
  • un coup d’arrêt à la croissance des échanges extérieurs.

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