Rebond du marché européen, maintenant ou jamais

Après sept mois de tergiversations au cours desquels les indices boursiers européens sont allés de déceptions en déceptions, se laissant distancer par quasiment toutes les grandes classes d’actifs mondiaux, les dernières semaines de l’année pourraient-elles, enfin, prendre un tour plus encourageant ? La tentation est grande de l’envisager au vu des derniers développements. D’autant plus grande que, sans signe de réveil imminent, il sera progressivement de plus en plus difficile de continuer à espérer la concrétisation d’un rebond attendu de trop longue date par les investisseurs européens.

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Plus indigeste que prévu, la hausse de l’euro plombe l’inflation en zone euro

Intervenue dans un contexte de reprise de l’activité et de net regain de confiance sur les perspectives de croissance, la hausse de l’euro enregistrée depuis le début de l’année n’a pas été considérée comme un élément particulièrement préoccupant par les économistes jusqu’alors. Inférieur à 1,20 USD depuis le milieu de l’été, le cours de la monnaie unique est, en effet, très inférieur à ce qu’il a pu être dans le passé à l’égard de la devise américaine, en même temps que plus conforme à sa parité de pouvoir d’achat. Les données de ces derniers temps illustrent, pourtant, un effet assurément marqué de l’appréciation de la devise européenne sur les marges des entreprises et les prix à l’importation, avec pour résultat un reflux du taux d’inflation sous-jacente en zone euro assez contrariant à ce stade du cycle de reprise. De quoi, mieux comprendre, peut-être, les déceptions boursières de ces derniers mois.

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Le dépeçage de l’économie britannique débute ; effrayantes perspectives

Les conséquences du référendum du 23 juin 2016 s’accélèrent outre-Manche, dressant d’ores et déjà un tableau redoutable de ce qui pourrait advenir, à terme, de l’économie britannique si la raison ne reprend pas sans tarder le dessus à la table des négociations. À quelques quinze mois de la sortie programmée du Royaume-Uni de l’UE, l’incapacité à régler les questions préalables à l’ouverture des discussions sur l’accord commercial censé régir les relations futures entre le Royaume-Uni et l’UE, accroît de jour en jour l’éventualité d’un « hard Brexit », avec à la clé un chaos économique et financier aux ondes de choc difficilement prévisibles d’un côté comme de l’autre de la Manche.

Une telle issue n’est assurément pas celle que les partisans d’un Brexit ont vendue aux électeurs lors de la campagne du référendum. Ainsi, sauf à ce que les conditions dans lesquelles se déroulent les négociations n’aiguisent davantage le ressenti à l’égard des Européens, de telles perspectives sont susceptibles d’alimenter les doutes croissants des Britanniques sur la justesse de leur choix de 2016. Une nouvelle consultation pourrait dès lors voir le jour et éventuellement conduire à refermer ce délicat dossier, sans suite ; scénario que nous envisageons comme assez vraisemblable depuis l’échec de Theresa May aux élections anticipée du 8 juin dernier. En attendant et, surtout, en l’absence de pouvoir parier que telle sera bien la fin de cette épopée, les prochains mois ont tout lieu d’être ceux d’une escalade des menaces que ce divorce annoncé fait planer en Europe.

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Pas grand-chose en rayon pour profiter d’un éventuel rebond du marché européen

Particulièrement sanctionnées ces derniers jours, les valeurs européennes devraient être bien placées pour profiter d’un futur rebond des bourses mondiales. Elles disposent, en théorie, de tous les éléments nécessaires à cette surperformance : retard relativement aux autres marchés, rendements obligataires encore négatifs sur les échéances allant jusqu’à cinq ans, et perspectives économiques plutôt bien orientées. Reste qu’avec un marché allemand relativement cher, des valeurs bancaires pénalisées par l’environnement de bas taux d’intérêt ainsi que le rattrapage déjà bien engagé de nombreux secteurs retardataires, la palette d’investissements attractifs se révèle bien étroite.
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C’est pas la fête chez les émergents. Cela est-il sans importance ?

Alors que le cycle de croissance se prolonge aux États-Unis, que les perspectives européennes ont le vent en poupe et que le Japon semble renaître de deux décennies perdues, la situation peine à suivre dans le monde émergent. Si la sortie de plusieurs années de récession au Brésil et en Russie autorise à l’ensemble de ces économies d’afficher, en moyenne, des rythmes de croissance plus élevés qu’au cours des deux dernières années, les résultats ne sont pas à la hauteur des attentes. Après quelques mois d’encouragements, l’amélioration des indicateurs avancés de l’activité semble déjà s’essouffler. Les exportateurs de produits manufacturés n’affichent que de maigres bénéfices de la reprise de la demande mondiale tandis que les exportateurs de matières premières restent pénalisés par la faible croissance des volumes exportés et des évolutions de prix encore très disparates.

Cette situation ne semble guère émouvoir les observateurs ni les marchés, partant généralement du postulat que l’amélioration des perspectives du monde développé finira forcément par porter ses fruits dans le reste du monde. C’est sans doute faire preuve d’un biais assurément optimiste, à en juger par l’état des lieux que les tendances en place conduisent à dresser. Gare à ce que les déceptions en provenance du monde en développement ne finissent, au contraire, par l’emporter sur la conjoncture mondiale.

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Vague V de la Vème vague : prolongations et tir au but

Dernière d’un cycle de hausse des marchés, se décomposant elle-même en cinq temps, la Vème vague se caractérise, selon les « Elliottistes », par une imprévisibilité et une exubérance hors normes. Au cours de ces périodes, la reflation financière finit par l’emporter sur les résistances économiques structurelles à travers de puissants effets richesse, de sorte que les économistes, eux-mêmes, peinent pour la plupart à discerner la rationalité de son contraire ; les autres, considérés comme rabat-joie, devenant de moins en moins audibles. Marchés obligataires et banquiers centraux finissent, en général, par y perdre également leur latin ; c’est alors que sonne le plus souvent le début de la fin de la partie…

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Le taux de change, cheval de bataille de la BCE. Une fuite en avant, bien que compréhensible

Lorsqu’en septembre dernier, Mario Draghi a mentionné l’évolution du taux de change de l’euro comme une des variables susceptibles d’influencer le cours de la politique monétaire de la BCE au même titre que l’inflation et la croissance, rares sont les économistes ayant pris cette annonce pour argent comptant. L’envolée de la monnaie unique depuis le printemps et les risques évidents de poursuite de cette tendance en cas de virage moins accommodant de la politique monétaire européenne, justifiaient une certaine prudence et rendaient acceptable une entorse à la règle jusqu’alors établie d’absence de responsabilité de la BCE à l’égard du taux de change. Sept semaines plus tard les préoccupations sur ce sujet semblaient être retombées. Non seulement, les économies de la zone euro, fortes de très bons résultats économiques, paraissaient s’être accommodées de la hausse de la monnaie unique, mais la FED avait clarifié sa stratégie, laquelle était en mesure de réduire le risque d’appréciation additionnelle de la monnaie européenne. La BCE pourrait dès lors, en théorie, se délester de cette contrainte et s’engager de manière plus décisive sur la voie de normalisation progressive de sa politique.

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Du futur perdu de la première économie mondiale à la tentation autoritaire de Xi Jinping

Au cours des cinq années du premier mandat du président Xi Jinping, la croissance de l’économie chinoise a atteint 7,1 % l’an en moyenne, une performance certes la plus faible de ces vingt-cinq dernières années, mais néanmoins la plus solide du monde émergent et plus encore du monde développé. Après s’être hissée au premier rang mondial en 2013, l’économie chinoise n’a cessé de creuser son écart avec les Etats-Unis, son produit intérieur brut en parité de pouvoir d’achat excédant de quelques 20 % l’américain en 2016. Les places de premiers ne manquent pas à l’Empire du Milieu. Avec plus de 18 % du PIB planétaire et une population de 1,4 milliards, la plus importante au monde, la Chine occupe dans bien des domaines ce premier rang au fur et à mesure de son développement et n’est probablement pas sur le point de s’arrêter en si bon chemin, même avec une croissance structurellement ralentie.

Que ces constats ne trompent pas. Cette super puissance, qu’est devenue la Chine en moins de deux décennies, a cumulé les excès et dérives, ceci tout particulièrement sous les cinq premières années de l’ère Xi Jinping, et donne à bien des égards aujourd’hui l’image d’un colosse aux pieds d’argile. Comme l’a exprimé, fort justement, Zhou Xiaochuan, le gouverneur de la Banque populaire de Chine, en marge du 19ème Congrès du parti communiste ce 19 octobre : « S’il y a trop d’optimisme alors que les choses vont lentement, les tensions s’accumulent, ce qui pourrait conduire à une forte correction. C’est ce que l’on appelle le « moment Minsky » et le risque contre lequel nous devons tout particulièrement nous protéger ».


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