Du combat des populismes aux crises des taux de changes ; l’euro, la livre turque et les autres

Les provocations de l’administration américaine n’ont guère cessé durant la période estivale. Portés par la bonne saison des résultats des sociétés américaines, les marchés ont été relativement insensibles à ces nouvelles jusqu’au début du mois. Le climat s’est toutefois sensiblement détérioré la semaine dernière au cours de laquelle la multiplication des tensions a eu des répercussions significatives sur les marchés des changes qui figurent aujourd’hui au cœur des risques de marchés.

L’euro en route vers la parité ?

La baisse de l’euro finira-t-elle par faire remonter le niveau des taux d’intérêt futurs et par redonner des couleurs au secteur bancaire ?

La chute de la livre turque : quel risque de diffusion ?

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Hausse du pétrole versus détérioration des fondamentaux américains, une partie serrée pour la paire euro-dollar

Après avoir perdu quasiment toute influence sur le cours de l’euro-dollar depuis de début de l’année dernière, les écarts de taux d’intérêt semblent avoir repris la main sur ce marché, dans le sillage de l’envolée des cours du brut. Ce regain de sensibilité, s’il persiste, pourrait avoir des conséquences radicales sur les taux de changes. À supposer, en effet, que le comportement de la paire euro-dollar se normalise par rapport à sa fonction de réaction de long terme, c’est un cours inférieur à la parité que suggèreraient les situations respectives actuelles des États-Unis et de la zone euro…

Reste cependant, que cette fonction de réaction a été largement démentie ces derniers temps, affaiblie par la détérioration des perspectives structurelles de l’économie américaine, de sorte que, nombreux économistes qui s’étaient fiés à ces modèles ont été pris à revers tout au long de l’année dernière. Alors, l’envolée des cours du pétrole aura-t-elle ce pouvoir de normaliser la situation et de conduire à une envolée du billet vert dont le corolaire serait un effondrement de l’euro ?

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Trop confiante, la BCE ne parvient pas à contenir l’euro sous les 1,25 $

Si les partisans de la prudence ont emporté la bataille d’aujourd’hui, permettant en particulier de réitérer les guidances du mois d’octobre dans leur intégralité, y compris l’idée d’un possible prolongement du QE au-delà du mois de septembre en cas de besoin ou de nouveau risque, le ton du communiqué n’est guère celui d’une banque centrale prête à batailler face à une menace jugée trop importante que représenterait la hausse du taux de change…

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M. Draghi avait oublié le change le mois dernier…

Face à l’embellie des perspectives européennes et mondiales, Mario Draghi a récemment mis en sourdine le risque de volatilité du taux de change de l’Euro qu’il avait présenté à la fin de l’été comme un des facteurs clés de l’orientation de la politique de la BCE. Les raisons d’envisager un prolongement du programme d’achat d’actifs sont, dès lors, difficiles à trouver et la BCE jugera sans doute utile de préciser cet état de fait. Reste l’épineuse question, du comment procéder et du risque d’emballement des marchés.

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Krach du dollar, la perle protectionniste

Lorsque nous avions, en septembre dernier, envisagé la possibilité d’un krach du dollar, notre conclusion était, à l’évidence, trop précoce. Les effets dopant des ouragans sur la conjoncture économique américaine et la conviction que les républicains finiraient par faire adopter une réforme fiscale aux effets largement stimulants pour la croissance, ont contredit nos propos. Pourtant, à en juger par la confiance des ménages, ceux-ci ne voient pas forcément leur situation sous un jour plus encourageant depuis le vote de cette réforme.

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La croissance résiste en Chine, c’est officiel….

En 2017, la croissance chinoise est ressortie à 6.9 %, après 6,7 %, sa première hausse après six ans de décélération/stagnation. La bonne nouvelle pourrait perdre un peu de son lustre face à la multiplication récente des révélations de ‘Fake economic data‘, sur le trucage des chiffres de croissance régionaux. Toutefois, davantage que les niveaux absolus de croissance de l’économie chinoise, au sujet desquels chacun s’est fait sa religion, c’est le momentum que les marchés suivront. Or, celui-ci, est plutôt meilleur qu’attendu.

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L’avancée des négociations entre Mme Merkel et le SPD ouvre la brèche d’une envolée de l’euro

Trois mois et demi après les élections législatives du 24 septembre remportées par la CSU, les difficultés de Mme Merkel pour former une coalition menaçaient d’aboutir à la formation d’un gouvernement sans majorité ou à la tenue de nouvelles élections, desquelles elle serait vraisemblablement sortie plus affaiblie encore. La perspective promettait, au mieux, une paralysie, susceptible de tourner à la crise politique à tout moment au cours des quatre prochaines années de la présente mandature. L’Allemagne, ingouvernable, l’ensemble du projet européen se voyait privé de perspectives ; les attentes de consolidation de la zone euro laissées pour compte et les espoirs d’aboutir à une UE renforcée capables d’affronter les enjeux régionaux et internationaux en présence, anéantis.

Pour toutes ces raisons, l’accord signé vendredi dernier entre Mme Merkel et le SPD, en vue d’une nouvelle coalition gouvernementale, constitue une avancée majeure, quand bien même soumis à l’approbation du SPD au sujet duquel sa base se prononcera le 21 janvier. En dépit des risques réels que les militants socio-démocrates, échaudés par l’affaiblissement de leur parti au terme des quatre années de coalition passée, aillent à l’encontre de la volonté de leur chef, Martin Schulz, les marchés ont salué l’accord passé dès son annonce, propulsant l’euro au-dessus de ses résistances, à 1,22USD vendredi en fin de journée.

A ces niveaux-là, le risque de voir la devise européenne gagner encore du terrain est significatif, en particulier dans le contexte présent de défiance croissante des investisseurs à l’égard du dollar américain. À court terme, la probabilité que l’euro teste les 1,23USD, est élevée ; une validation par le SPD dimanche prochain du principe de nouvelle coalition semblant clairement en mesure de propulser la monnaie européenne au-delà de cette limite.

Au cours des douze derniers mois, l’euro s’est apprécié de plus de 14 % contre le dollar, sa plus forte hausse depuis 2010. Malgré son effet dépressif sur les prix, ce mouvement a été sans grande conséquence sur les résultats conjoncturels de la zone euro dans un contexte de reprise. La partie pourrait être plus difficile avec un taux de change dorénavant supérieur à sa moyenne de long terme, de 1,20 USD, à en juger par les pressions observées sur les marges à l’exportation des entreprises européennes.

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Au Japon, M. Kuroda a tout son temps, mal lui prendrait de s’en priver

La Banque du Japon est-elle sur le point d’amorcer un exercice de tapering ? L’idée a subitement refait surface ce début de semaine en réaction à la réduction de ses achats de titres longs dans le cadre de ses opérations habituelles d’assouplissement quantitatif. La réaction des marchés ne s’est pas fait attendre, avec un repli immédiat du prix des obligations d’État mais, plus encore, une remontée du cours du yen à l’égard de la plupart des grandes devises. Après des années au cours desquelles les opérations de sauvetage toujours de plus en plus conséquentes de la BoJ ont fini par porter à plus de 92 % du PIB japonais la taille de son bilan et tandis que la FED et la BCE se sont toutes deux engagées sur la voie de la réduction progressive de leur soutien monétaire, l’anticipation d’un tel changement est assez compréhensible. Ceci d’autant plus que l’économie japonaise semble avoir entamé une cure de jouvence l’an dernier. 

Il est, toutefois, peu probable que la banque du Japon ait la latitude d’enclencher une réduction de son soutien monétaire, ceci pour au moins trois raisons.

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