Rien ne va plus en Europe

Les mois se suivent et se ressemblent : la conjoncture européenne s’enlise sans que l’on voit ce qui pourrait la sortir de l’ornière à brève échéance. L’indicateur avancé de l’OCDE pour l’Europe est retombé en septembre à un plus bas niveau depuis février 2013, dernier des sept trimestres de la récession essuyée à l’époque par la zone euro. Les informations reçues depuis cette dernière publication n’incitent pas à penser que les choses se soient arrangées. Le contrecoup du ralentissement des échanges mondiaux affecte sévèrement les industriels tandis que les situations domestiques souffrent tout à la fois de l’écrasement des gains de pouvoir d’achat des ménages et d’un climat politique délétère auquel se confrontent trop de gouvernements. Alors que les négociations sur le Brexit tournent au fiasco, que le blocage entre l’Italie et la Commission européenne menace d’aboutir à une nouvelle crise et que la situation politique allemande devient de plus en plus critique, l’ensemble n’est guère engageant à la veille des élections parlementaires de mai prochain.


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Le ralentissement « temporaire » prend racine en Allemagne… La France suit. La tâche se complique pour la BCE

Après la nouvelle chute des commandes à l’industrie publiée hier, la quatrième mensuelle, les données de production de ce matin sont, sans surprise, mauvaises, dressant une image des tendances de l’activité assez difficilement réconciliable avec les prévisions de consensus et les commentaires récents des responsables de politique monétaire, en particulier son économiste en chef Peter Praet.

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La chute du ZEW s’accentue en Allemagne et renvoie un message préoccupant à l’exportation

L’indice ZEW du climat des affaires selon les analystes financiers s’est de nouveau contracté en avril sous le coup d’une baisse accentuée de sa composante « perspectives », la plus pertinente en matière prédictive des tendances macro-économiques. A -8,2, contre +5,1, le solde d’opinions ressort à un plus bas depuis novembre 2012, niveau critique qui, s’il venait à être enfoncé davantage signerait une rupture.

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L’avancée des négociations entre Mme Merkel et le SPD ouvre la brèche d’une envolée de l’euro

Trois mois et demi après les élections législatives du 24 septembre remportées par la CSU, les difficultés de Mme Merkel pour former une coalition menaçaient d’aboutir à la formation d’un gouvernement sans majorité ou à la tenue de nouvelles élections, desquelles elle serait vraisemblablement sortie plus affaiblie encore. La perspective promettait, au mieux, une paralysie, susceptible de tourner à la crise politique à tout moment au cours des quatre prochaines années de la présente mandature. L’Allemagne, ingouvernable, l’ensemble du projet européen se voyait privé de perspectives ; les attentes de consolidation de la zone euro laissées pour compte et les espoirs d’aboutir à une UE renforcée capables d’affronter les enjeux régionaux et internationaux en présence, anéantis.

Pour toutes ces raisons, l’accord signé vendredi dernier entre Mme Merkel et le SPD, en vue d’une nouvelle coalition gouvernementale, constitue une avancée majeure, quand bien même soumis à l’approbation du SPD au sujet duquel sa base se prononcera le 21 janvier. En dépit des risques réels que les militants socio-démocrates, échaudés par l’affaiblissement de leur parti au terme des quatre années de coalition passée, aillent à l’encontre de la volonté de leur chef, Martin Schulz, les marchés ont salué l’accord passé dès son annonce, propulsant l’euro au-dessus de ses résistances, à 1,22USD vendredi en fin de journée.

A ces niveaux-là, le risque de voir la devise européenne gagner encore du terrain est significatif, en particulier dans le contexte présent de défiance croissante des investisseurs à l’égard du dollar américain. À court terme, la probabilité que l’euro teste les 1,23USD, est élevée ; une validation par le SPD dimanche prochain du principe de nouvelle coalition semblant clairement en mesure de propulser la monnaie européenne au-delà de cette limite.

Au cours des douze derniers mois, l’euro s’est apprécié de plus de 14 % contre le dollar, sa plus forte hausse depuis 2010. Malgré son effet dépressif sur les prix, ce mouvement a été sans grande conséquence sur les résultats conjoncturels de la zone euro dans un contexte de reprise. La partie pourrait être plus difficile avec un taux de change dorénavant supérieur à sa moyenne de long terme, de 1,20 USD, à en juger par les pressions observées sur les marges à l’exportation des entreprises européennes.

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La croissance décolle en Allemagne, l’Euro suit. M. Draghi a bien fait de fixer le cap !

À 0.8 % au troisième trimestre, la croissance du PIB allemand excède largement ce que laissaient envisager les indicateurs mensuels à disposition (0,6 % selon le consensus). La production industrielle a, en effet, progressé moitié moins rapidement au troisième trimestre qu’au deuxième (0,9 % après 1,9 %) tandis que les ventes au détail ont plutôt perdu de leur vigueur par rapport au printemps. Selon le communiqué officiel, c’est du côté extérieur que proviennent les bonnes surprises, l’apport représenté par les exportations ayant sans doute été consolidé par des importations moins dynamiques au cours de la période.

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Qui a dit locomotive allemande ?

Au cours des quatre derniers trimestres, la croissance allemande se maintient à 1,8 %, niveau autour duquel elle évolue depuis la fin de l’année 2013 et dont on peine à imaginer qu’il puisse être significativement dépassé sans un retour en force de l’activité manufacturière, c’est-à-dire des exportations. Tel n’est cependant pas ce que suggère la dernière enquête ZEW du climat des affaires publiée ce matin selon laquelle les perspectives des principaux secteurs exportateurs n’évoluent guère, s’inscrivant même en léger retrait en février. Lire la suite…

La production industrielle décroche en Allemagne

Après de médiocres commandes à l’industrie allemande publiées hier, la production de ce matin est carrément mauvaise. En juillet, l’activité industrielle hors construction s’est repliée de 1,5 % soit encore une baisse de 1,6 % par rapport au mois de juillet 2015, la plus faible performance depuis deux ans.

Production allemande

Le résultat est plus mauvais encore une fois exclu le secteur énergétique, seul à avoir progressé en juillet : hors construction et énergie, la production s’inscrit en baisse de 1,9 %, en effet. Si le rebond du mois de juin permet de relativiser la mauvaise nouvelle de ce matin, le résultat sur deux mois n’en reste pas moins préoccupant, l’économie allemande étant à l’évidence en perte de vitesse, quand le net repli de la production de biens intermédiaires n’augure pas des meilleures tendances pour les mois à venir.

Production allemande secteur

Curiosité déjà observée hier dans les chiffres des commandes, les biens de consommation durables constituent le principal soutien à la croissance. L’automobile est vraisemblablement à l’origine de cette situation, un constat néanmoins insuffisant pour compenser les mauvaises nouvelles en provenance des secteurs-clés de l’industrie allemande que sont également ceux des biens d’investissement et des biens intermédiaires. Les commandes publiées hier donnent un certain nombre d’éléments d’explication à cet essoufflement :

  1. Une détérioration de la demande domestique de plus en plus clairement identifiée depuis le début de l’été.
  2. Une anémie persistante de la demande extra-zone euro dont on ne peut estimer à ce stade quelle est la part de la responsabilité britannique.

Dans l’ensemble, ces données confirment la fragilité de l’économie allemande dans un contexte de stagnation de la demande internationale qui, malgré le soutien représenté par la meilleure tenue de la demande intra-UEM, a du mal à tirer son épingle du jeu en présence.

Commandes allemandes août 16

Warning sur le DAX, l’euro répond

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Le repli de l’indice ZEW du climat de confiance auprès des investisseurs allemands n’est pas de bon augure pour le DAX. En juillet, l’indice synthétique a cassé à la baisse le niveau de 30 points sur lequel il s’était stabilisé depuis le mois d’octobre, ouvrant la voie à un possible nouveau déclin au cours des prochains mois. Si les craintes à l’égard des conséquences du Brexit peuvent expliquer ce décrochage, principalement lié à la baisse de la composante sur les perspectives de cette enquête, l’indice composite risque néanmoins, au vu de son historique, d’avoir plus de difficultés à rebondir à partir de son niveau présent.

dax