Italie, périlleux bras de fer entre la BCE et les marchés

Un écart d’un point de PIB par rapport aux engagements ; soyons sérieux, rien ne justifie que les annonces du gouvernement italien provoquent un vent de panique sur les marchés et valeurs bancaires. À moins que les marchés ne profitent de cette occasion pour tester la BCE et peut-être, au-delà, l’équilibre des forces au niveau de la Commission européenne en ces temps troublés de veilles d’échéances cruciales concernant la future gouvernance européenne. À ce jeu-là, la partie pourrait se compliquer davantage avant de trouver la voie d’un compromis.
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BCE 2019, l’année des grands changements

La gestion de la politique monétaire de la BCE pourrait connaitre de profondes mutations l’année prochaine. Non seulement Mario Draghi laissera son poste à un nouveau président mais le mandat de nombreux membres du directoire arrivera également à terme. Le rapport de force entre « colombes » et « faucons » pourrait en être bouleversé. Par ailleurs, après quatre ans, la BCE mettra fin à sa politique d’assouplissement quantitatif en décembre. L’attention va donc se porter sur la suite, à savoir la possibilité ou non de voir les taux d’intérêt remonter et la gestion de la stratégie de réinvestissement des actifs de son bilan arrivant à maturité.

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Mario Draghi fait dans la langue de bois

Même si depuis juillet, la liste des risques sur la croissance s’est étoffée (protectionnisme, pays émergents, volatilité des marchés financiers), les chiffres d’activité sont ressortis en dessous des attentes et que les conditions financières se sont tendues, l’impact sur les prévisions macroéconomiques a été minime. La BCE veut continuer de croire que tout va bien et a donc laissé inchangé son calendrier sur la sortie de sa politique quantitative (fin d’année) et sur la gestion de ses taux intérêt (stables jusqu’à l’été 2019) quitte à se retrouver le dos au mur dans quelques mois. Lire la suite…

BCE, les risques basculent à la baisse

En juillet, malgré l’accumulation d’indicateurs avancés en demi-teinte, le discours de la BCE était resté résolument optimiste sur ses perspectives de croissance et d’inflation. Depuis, la détérioration s’est accentuée, pointant vers une révision à la baisse du scénario macroéconomique et légitimant, selon nous, le retour d’un discours plus accommodant.

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Inflation & Stratégie : Inflation, la décélération commence

En juillet, l’inflation a accéléré partout, pour se situer au-dessus des objectifs de stabilité des prix des banques centrales. En théorie, cela justifierait une normalisation générale des politiques monétaires. Toutefois, conséquence des effets de base sur les prix de l’énergie, la décélération de l’inflation est imminente et, comme pour la Zone Euro, les chiffres du mois d’août devraient en donner un premier aperçu. Reste à savoir à quel rythme ? Pour répondre à cette question, les prochains chiffres d’inflation sous-jacente vont être scrutés. Y-a-t-il ou non maintenant un risque d’accélération de côté ci ? Pour l’instant, les marchés financiers ne le croient pas (Article : Anticipations de marchés, quel risque inflationniste ?) avec dans le cas de la Zone Euro la baisse des actions bancaires qui ajoute un risque de surprise à la baisse par rapport aux attentes de la BCE (Article : Valeurs bancaires, crédit & inflation sous-jacente) ; un scénario qui viendrait questionner son « Exit » stratégie.

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La BCE fait l’autruche… pour le moment

Sans surprise, la BCE a laissé l’ensemble de ses taux inchangés, confirmé la fin du QE pour cette année et le « forward guidance » sur une stabilité des taux jusqu’à l’été prochain.

Malgré l’accumulation d’indicateurs avancés en demi-teinte, le commentaire sur les perspectives de croissance et d’inflation est resté largement inchangé, la BCE gardant une posture résolument optimiste. Toutefois, derrière cette façade, semble se dessiner un début de prudence, M. Draghi insistant sur le fait que les risques sur la croissance sont « encore » équilibrés. Inquiétude au sujet des chiffres de PIB du deuxième trimestre, sur le risque de guerre des changes qui pousserait l’euro à la hausse et l’issue du conflit commercial avec les Etats-Unis ?

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Inflation : guerre commerciale vs. guerre des changes

Les anticipations d’inflation sont jusqu’à présent restées insensibles aux menaces de guerre commerciale, continuant à pointer vers moins d’inflation à court et moyen terme pour l’ensemble des économies occidentales. Les différends commerciaux se muant progressivement en guerre des changes, c’est sans doute les évolutions des taux de change qui rebattront les cartes sur l’inflation. Force est de constater que le dollar et l’euro s’apprécient. Dès lors, l’hypothèse de repentification de la courbe de Phillips, sous-jacente au scénario de hausse de l’inflation de la BCE, paraît audacieuse (article: Inflation & courbe de Phillips, le pari optimiste de la BCE). Dans le cas des Etats-Unis, dollar et hausse des tarifs douaniers semblent former un jeu à somme nulle (article: Guerre commerciale : quel impact sur l’inflation américaine ?). À moins d’un possible choc fiscal comme en France (article: France : Hausse de TVA ?), le risque sur l’inflation reste à la baisse.

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Le yuan glisse, glisse… Contre le $ et, de facto, d’autres devises, dont l’euro. Les anticipations d’inflation trinquent

La guerre commerciale entre les États-Unis et le reste du monde bat son plein et vire à la guerre des changes, en attendant comme d’aucuns l’envisagent qu’elle aboutisse in fine à abaisser les tarifs douaniers plutôt que l’inverse, une fois que D. Trump aura suffisamment fait trembler la planète… Si la Chine n’a pas officiellement dévalué sa monnaie, évitant par là même le fracas qu’avait causé son action d’août 2015, nul n’est besoin de faire grand-chose, il lui suffit de laisser aller le yuan là où les marchés, logiquement, le poussent : le taux de change a ainsi perdu plus de 5 % de sa valeur contre le billet vert depuis la mi-juin, sans que les autorités n’interviennent, tout au moins jusqu’à ce vendredi. Les conséquences d’une dépréciation du yuan d’ampleur significative seraient considérables à l’échelle mondiale. Dépassant largement la sphère du conflit sino-américain, elles pourraient sans tarder rebattre l’ensemble des cartes des perspectives économiques et financières internationales.

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