Minutes du FOMC : Inflation ? Peut-être, mais pas sûr. Mieux vaut attendre de voir

Conformes au communiqué publié immédiatement après le FOMC des 1er et 2 mai, les minutes de ce dernier ne suggèrent aucune volonté de modifier le rythme prévu de remontée des taux directeurs.

Alors que l’appréciation de la FED sur la situation économique reste satisfaisante, bien que prenant acte du ralentissement de la consommation du début d’année, trois points de ce compte-rendu détaillé sont particulièrement marquants :

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Les marchés saluent les succès diplomatiques de D. Trump ! À moins que ce ne soit le rétropédalage des banquiers centraux…

C’est sans doute le propre d’un environnement dans lequel continuent à abonder les liquidités, les marchés sont résilients !

En dépit des déceptions économiques, mondiales, des menaces sur les perspectives de croissance provoquées par l’envolée des cours du pétrole et de la montée des risques géopolitiques sur la scène internationale, les marchés d’actions mondiaux ont repris des couleurs depuis le début du mois, avec, au cours des huit derniers jours, une progression de 3,5 % du S&P 500 américain, de 2,4 % pour l’indice MSCI monde et une poursuite sur leur lancée du CAC et du Footsie. Le contexte voudrait que l’on observe ce mouvement avec la plus grande circonspection mais le bon sens n’est pas toujours le meilleur conseiller en matière boursière, notamment en régime de QE.
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Jay Powell, la petite phrase qui précise les choses

Le nouveau président de la FED prend les devants sur les chiffres d’inflation attendus demain : il veillera au risque financier 

À l’occasion d’une des cérémonies autour de son investiture, le nouveau président de la FED, a réaffirmé son intention de ne pas rompre avec la politique de Janet Yellen, confirmant la stratégie de normalisation graduelle des taux d’intérêt et de réduction du bilan de la FED ainsi que la préservation de l’essentiel des mesures de régulation financières, tout en veillant à leur efficacité maximale. Lire la suite…

Matières premières, la correction se précise… Redistribution des cartes en vue sur les marchés

Les données de l’EIA (Energy information Administration américaine) de cette semaine semblent avoir eu raison de la spéculation à la hausse des cours d’un marché pétrolier en surchauffe. Repli des stocks, hausse de la production et baisse des importations américaines ont fini par faire douter de la justesse du niveau des cours que l’euphorie de ces derniers mois avait portés de 46 $ en moyenne en juin à plus de 71 $ le baril le 25 janvier. Hésitants depuis le précédent rapport hebdomadaire, les prix du Brent de mer du nord ont flanché après la publication de mercredi et semblent en passe de terminer la semaine aux environs de 64 $. Les taux d’intérêt ont peu réagi à ces évolutions jusqu’à présent. Cet état de fait pourrait ne pas durer, si, comme nous le pensons, la baisse des cours du pétrole se poursuit et entraîne dans son sillage les métaux, dont les hausses de prix de ces derniers mois trouvent bien peu de justification fondamentale. La validation d’un tel scénario changerait bougrement la donne : anticipations d’inflation, taux d’intérêt, marchés des changes, performance relative des bourses émergentes et des différents secteurs en seraient affectés. Au total, la probabilité que les développements de ces dernières semaines se débouclent aussi vite qu’ils se sont formés semble loin d’être négligeable. Si de tels ajustements peuvent être en mesure d’atténuer les pressions baissières sur les indices provoquées par les craintes de remontées trop rapides des taux d’intérêt, ils mettraient en revanche, bel et bien, à l’écart le scénario de reflation plébiscité par les marchés depuis la mi-décembre. De quoi, dans le meilleur des cas, temporiser la correction des indices, pas forcément leur permettre de retrouver leurs points hauts récents…

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Perspectives 2018 – Bienvenu en Annapurna

Si les développements conjoncturels semblent particulièrement bien orientés, une prise de recul sur les tendances en présence nous incite à plus de circonspection que le consensus des économistes sur les perspectives 2018. Notre scénario mondial subit peu de retouches par rapport au mois de septembre, avec une croissance du PIB  mondial inchangée, à 3,6 %, pour 2017 et une légère hausse de notre scénario 2018, à 3,3 % contre 3,2 %. Les révisions à la hausse apportées à nos estimations 2017 pour le monde développé sont, en effet, compensées par les baisses de nos estimations pour le monde émergent, tandis que nous continuons à envisager un léger ralentissement global de l’activité l’an prochain en répercussion du tassement prévu de la croissance américaine et chinoise.

Dans un tel contexte, et face aux changements structurels en cours, l’inflation mondiale ne semble pas amenée à s’accélérer ; de 2 % en moyenne cette année, elle retomberait à 1,8 % l’an prochain dans le sillage du repli attendu des cours des matières premières. En l’absence d’inflation, les banques centrales conserveront un biais très accommodant. Contrainte par un aplatissement persistant de la courbe des taux, la FED aura du mal à accomplir les trois hausses prévues de ses taux directeurs. La BCE, pour sa part, conservera un biais particulièrement prudent et n’aura vraisemblablement pas l’opportunité de prendre position sur une hausse future de ses taux directeurs.

Le dollar est amené à décevoir et à maintenir la pression sur les autres pays. Dans un contexte dorénavant plus porteur, le Japon est sans doute le plus à même d’absorber le mouvement de défiance à l’égard de la monnaie américaine. Nous maintenons notre scénario de changes inchangé par rapport au mois de septembre, avec une nette appréciation du yen.

Si à brève échéance, l’exposition au risque nous semble encore une stratégie envisageable, qui privilégiera dans ce cas l’exposition aux marchés développés, l’environnement en présence oblige, dès à présent, à envisager la nécessité de devoir subitement changer son fusil d’épaule. Nous développons à ce titre, à une allocation fondamentale en complément de nos recommandations « tactiques » de court terme.

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Le budget de D. Trump, le r*, la courbe des taux, les cours de l’or et du dollar…

Les questionnements sur l’impact de la politique économique de Donald Trump sur le potentiel de croissance de l’économie américaine sont au cœur des rouages qui dominent la vie des marchés financiers depuis son élection. De cette lecture dépendra en large partie l’estimation du taux d’intérêt neutre sans la connaissance duquel la FED ne pourra avancer qu’à l’aveugle, au risque de multiplier les faux pas. De cette même estimation dépendra l’impact des hausses de taux des fed funds à venir sur l’évolution de la pente de la courbe des rendements dont les implications pour les marchés d’actions sont plus que déterminantes.

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