Anecdotes et perspectives américaines, la partie n’est pas gagnée

Rares ont été les périodes passées au cours desquelles la lecture des tendances de l’économie américaine a donné lieu a autant de divergences et d’incertitudes qu’aujourd’hui. Il faut dire qu’entre les stigmates d’une économie en fin de cycle, les conséquences des ouragans sur l’activité de ces derniers mois, les effets présumés à venir de la réforme fiscale, ceux encore incertains de la chute du dollar et les gesticulations sans fin de l’administration… il y a de quoi perdre son latin. Mieux vaut dans de telles circonstances faire preuve de modestie et prendre un peu de recul, sans toutefois négliger ce qui, en apparence du ressort de l’anecdote, pourrait nous mettre sur la piste de tendances plus fondamentales.

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Les marchés jouent la reflation avant l’heure

L’adoption de la réforme fiscale américaine et le regain de confiance sur les perspectives économiques mondiales ont donné de l’élan au scénario de reflation sur les marchés financiers. Ce changement de perception s’est traduit par une forte remontée des cours du pétrole, des anticipations d’inflation et du niveau des taux d’intérêt, le tout dans un contexte de solide progression des indices boursiers. Lire la suite…

Krach du dollar, la perle protectionniste

Lorsque nous avions, en septembre dernier, envisagé la possibilité d’un krach du dollar, notre conclusion était, à l’évidence, trop précoce. Les effets dopant des ouragans sur la conjoncture économique américaine et la conviction que les républicains finiraient par faire adopter une réforme fiscale aux effets largement stimulants pour la croissance, ont contredit nos propos. Pourtant, à en juger par la confiance des ménages, ceux-ci ne voient pas forcément leur situation sous un jour plus encourageant depuis le vote de cette réforme.

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Alors, les taux bas, c’est bientôt fini, vraiment ?

Les tendances s’accélèrent sur les marchés financiers ces derniers jours. Après avoir quelque peu hésité en tout début d’année, les investisseurs ont fini par se rendre à ce qui leur paraît de plus en plus évident : la reflation serait au coin de la rue. Croissance généralisée, envolée des cours du pétrole, premiers effets positifs de la réforme de D. Trump avec les promesses de rapatriement des bénéfices étrangers des géants américains, investissements et emplois à la clé… Difficile de ne pas voir dans cette configuration de quoi mettre un terme à la période de déflation larvée de ces dernières années et à l’attente d’une normalisation de l’inflation qui a jalonné 2017 de ses premiers à ses derniers jours. Les seuls effets mécaniques de l’envolée des cours du pétrole pourraient bien changer la donne, en effet, à en juger par la sensibilité de l’inflation aux évolutions de ce dernier. À supposer que les prix du baril se stabilisent à 70 $ d’ici à l’été, l’inflation pourrait gagner plus d’un demi-point dans le monde industrialisé ; elle se redresserait ainsi bien au-delà de l’objectif de 2 % qu’elle n’a que très brièvement connu en février 2017.

Dès lors, quelles pourraient être les raisons susceptibles d’empêcher une remontée sensible des taux d’intérêt ? De fait, la tentation est grande de voir 2018 sous un jour nouveau. Comment l’environnement de taux risque-t-il d’évoluer ?

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Un optimisme de rigueur… dans un brouillard à couper au couteau

En ces premiers jours de l’année 2018, l’heure est à la confiance. Après une fin d’année en fanfare, au cours de laquelle l’économie mondiale a selon toute vraisemblance renoué avec une croissance de plus de 4 %, la bonne tenue des indicateurs de début d’année ne laisse guère de place au scepticisme : la croissance est en place et, a priori, là pour durer ! Les justifications en faveur de ce diagnostic ne manquent pas : conditions monétaires exceptionnellement accommodantes à l’échelle mondiale, reprise de l’investissement productif et des échanges internationaux, reflux généralisé du chômage, soutien, au moins ponctuel, de la réforme fiscale adoptée en toute fin d’année aux Etats-Unis… Le tout couronné d’effets richesse de plus en plus visibles, simultanément alimentés par des valorisations financières et immobilières exceptionnellement élevées.

... À l'optimisme forcené qui meuble aujourd'hui la communication, mieux vaut néanmoins préférer la cohérence.

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Trois raisons pour lesquelles le vote de la réforme fiscale américaine risque de faire flop

Voilà enfin le premier grand projet de réforme fiscale de Donald Trump en passe d’être adopté avec une réponse des marchés digne des attentes, notamment en Europe. La logique ? On attend de cette réforme qu’elle stimule la croissance américaine, prolonge davantage un cycle déjà exceptionnellement long et offre de facto à la FED des moyens supplémentaires de normaliser sa politique monétaire. Sur le papier, l’adoption de cette réforme serait donc, non seulement positive pour la croissance américaine, mais également pour le dollar, retirant des marchés européens l’épine d’un euro trop précocement renchéri.

Il y a au moins trois raisons d’être prudent par rapport à ce schéma.

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Résultats industriels et réforme fiscale font bouger les curseurs des anticipations de taux aux Etats-Unis

La probabilité implicite d’une hausse des Fed Funds de 50 points de base, plutôt que d’un quart de point, le 13 décembre, fait son apparition à hauteur de 8,5 %, après les bons chiffres de production industrielle et le vote du projet de réforme fiscale par la Chambre des représentants.

La production industrielle américaine a enregistré en octobre une progression de 0,9 %, la plus forte depuis le mois d’avril, grâce à un rebond de 1,3 % de l’activité manufacturière. Pour partie explicable par l’impact des ouragans sur la demande de biens et les besoins de reconstruction, ces données n’en demeurent pas moins de qualité. À 2,5 %, la croissance sur douze mois de l’activité manufacturière, est la plus forte depuis le milieu de l’année 2014, quand bien même toujours très inférieure à ce que suggère le haut niveau de l’ISM manufacturier.

À cette bonne nouvelle du milieu de l’après-midi s’est ajouté celle du passage du projet de réforme fiscale à la Chambre des représentants ; une étape essentielle face à laquelle les chances d’un soutien au Sénat se trouvent incontestablement accrues, malgré d’importantes incertitudes persistantes sur ce dernier point.

Ces deux évolutions simultanées ont largement soutenu le rebond des marchés actions aujourd’hui, l’indice Dow Jones récupérant 0,8 %, à 23.458 points, tandis que le Nasdaq s’adjugeait une progression de 1,3 %. Sans effet majeur sur le taux de change du dollar, globalement inchangé contre l’euro et le yen, ces nouvelles ont néanmoins eu un impact beaucoup plus net sur les anticipations de taux. Pour la première fois, en effet, la probabilité implicite d’une hausse des taux de 50 points de base plutôt que d’un quart de point, le 13 décembre, a fait son apparition à hauteur de 8,5 %.

Il y a là un signal à surveiller de près qui, s’il ne se révèle pas éphémère, pourrait être précurseur d’un changement en profondeur des marchés de taux, à même d’évoluer vers une repentification de la courbe des rendements qui modifierait de nombreux aspects de la situation des marchés financiers dans leur globalité.

Si nous n’en sommes pas là, c’est bien dans cette direction que se dirigeront les regards avec à la clé l’anticipation d’un nouveau rallye éventuel des marchés d’actions internationaux et d’un rebond du dollar.