Les vacances de Monsieur Trump

Le président américain n’a pas chômé durant ces semaines estivales, semblant prendre un malin plaisir à jongler avec les nerfs de ses partenaires-concurrents auxquels il attribue tour à tour le rôle d’ami de toujours ou de pire ennemi. Guerre commerciale et pétrolière, guerre de l’espace, cyber-attaques, ventes d’armes ; la panoplie est sans limite, simultanément alimentée par des objectifs économiques et géostratégiques l’amenant sur tous les fronts, à l’égard des plus grandes puissances comme des moins importantes (Philippines, récemment). « America First » fait trembler la planète économique sans un jour de répit et la stratégie marque des points ! L’opinion des ménages américains sur les conditions économiques courantes a retrouvé des niveaux records, seulement égalés à la fin des années quatre-vingt-dix ; idem pour les PME dont la confiance caracole sur des plus hauts de trente-cinq ans.

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Turquie, la crise de trop

La complaisance des marchés est-elle sur le point de lâcher prise dans le sillage de la crise turque ? L’hypothèse est loin d’être fantaisiste à en juger par les réactions en chaine de ces derniers jours. Il faut dire que des couleuvres, les marchés en ont ravalé ces derniers mois et que la coupe est déjà bien garnie. Derrière la crise turque se cache non seulement une situation économique de plus en plus préoccupante du monde émergent dans son ensemble mais également la remise en cause d’un espoir que nombreux continuaient à alimenter jusqu’à récemment : celui d’une guerre commerciale qui n’aurait pas lieu.

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Le yuan glisse, glisse… Contre le $ et, de facto, d’autres devises, dont l’euro. Les anticipations d’inflation trinquent

La guerre commerciale entre les États-Unis et le reste du monde bat son plein et vire à la guerre des changes, en attendant comme d’aucuns l’envisagent qu’elle aboutisse in fine à abaisser les tarifs douaniers plutôt que l’inverse, une fois que D. Trump aura suffisamment fait trembler la planète… Si la Chine n’a pas officiellement dévalué sa monnaie, évitant par là même le fracas qu’avait causé son action d’août 2015, nul n’est besoin de faire grand-chose, il lui suffit de laisser aller le yuan là où les marchés, logiquement, le poussent : le taux de change a ainsi perdu plus de 5 % de sa valeur contre le billet vert depuis la mi-juin, sans que les autorités n’interviennent, tout au moins jusqu’à ce vendredi. Les conséquences d’une dépréciation du yuan d’ampleur significative seraient considérables à l’échelle mondiale. Dépassant largement la sphère du conflit sino-américain, elles pourraient sans tarder rebattre l’ensemble des cartes des perspectives économiques et financières internationales.

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Que cache la force tranquille qu’incarne le président chinois, Xi Jinping ?

Mais qu’attend le président chinois pour clouer le bec à Donald Trump ? Avec 1187 milliards de bons du Trésor américains dans ses caisses, soit près d’un cinquième du stock des titres de la dette publique des Etats-Unis détenus par les non-résidents, la Chine dispose, a priori, d’une arme de choix qui pourrait faire trembler les entreprises, actifs financiers et immobiliers américains, si elle venait à en user. Xi Jinping pourrait, sinon, procéder à une dévaluation de grande envergure en ajustant le taux de change de sa monnaie une bonne fois pour toutes plutôt que de le laisser glisser doucement -mais surement – ces dernières semaines ; il trouverait là un moyen de compenser une partie des droits douanes imposés à l’entrée des produits chinois sur le marché américain promis par D. Trump. La spéculation sur la stratégie que pourrait privilégier le président chinois va bon train depuis l’annonce en début de semaine d’un gonflement à 200 milliards de dollars de la cible de produits chinois visés par les mesures protectionnistes américaines. Car avec 130 milliards d’importations en provenance des Etats-Unis, le gouvernement chinois devra trouver des ressources additionnelles aux seules taxes à l’entrée pour répliquer à la hauteur des attaques de D. Trump. Le sujet n’est pourtant pas si simple qu’il n’y paraît et prédire quelle sera la stratégie de Xi Jinping semble, à ce stade, assez périlleux.

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Les marchés saluent les succès diplomatiques de D. Trump ! À moins que ce ne soit le rétropédalage des banquiers centraux…

C’est sans doute le propre d’un environnement dans lequel continuent à abonder les liquidités, les marchés sont résilients !

En dépit des déceptions économiques, mondiales, des menaces sur les perspectives de croissance provoquées par l’envolée des cours du pétrole et de la montée des risques géopolitiques sur la scène internationale, les marchés d’actions mondiaux ont repris des couleurs depuis le début du mois, avec, au cours des huit derniers jours, une progression de 3,5 % du S&P 500 américain, de 2,4 % pour l’indice MSCI monde et une poursuite sur leur lancée du CAC et du Footsie. Le contexte voudrait que l’on observe ce mouvement avec la plus grande circonspection mais le bon sens n’est pas toujours le meilleur conseiller en matière boursière, notamment en régime de QE.
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D. Trump, président de l’investissement, vraiment ?

C’est généralement comme cela qu’est appréciée l’action de D. Trump : président de l’investissement et, de facto, de la productivité qui devrait s’ensuivre. Cette perspective nourrit non seulement celles de la rentabilité future des entreprises américaines et les valorisations qui vont avec, mais également les anticipations de normalisation des taux d’intérêt qu’une économie plus robuste, parce que plus productive, est censée pouvoir mieux supporter. C’est de ces perspectives réunies que le dollar peut encore échapper à un vent de défiance trop violent que serait à même de provoquer une réforme fiscale par trop coûteuse si elle était jugée inapte à gagner ce pari de la productivité…

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Protectionnisme est-il forcément synonyme d’inflation ? La réponse ne coule pas de source

Les agressions du président américain à coup de sanctions protectionnistes de ces derniers jours sont généralement perçues comme une menace inflationniste de premier rang. Le raisonnement, ici, est assez logique : le relèvement des tarifs douaniers de biens non substituables, entrant dans le processus de production de secteurs-clés de l’économie ou directement consommés par les consommateurs américains, fera flamber les prix des biens concernés. Ajoutons à cela 1- le risque accru de baisse du dollar que suggère la détérioration à venir des comptes extérieurs américains, potentiellement exacerbée par des difficultés éventuelles de financement extérieur des Etats-Unis, 2- les effets de propagation que pourraient avoir les répliques du reste du monde aux annonces américaines ; et nous avons, en théorie, un cocktail inflationniste parfait. Comment, dès lors, expliquer que les anticipations d’inflation des marchés ne réagissent pas davantage à ces développements ?

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Possible impeachment de Trump, gare à la capacité de résistance du scénario de reflation

La réaction des marchés au risque de destitution de D. Trump  a été marquée cette semaine, l’hypothèse d’un retour du risque politique semblant cristalliser les inquiétudes.

Plus que l’éventuel départ de D. Trump c’est semble-t-il une autre histoire qui se joue du côté des marchés financiers ; celle de la pérennité ou non du scénario de reflation, largement plébiscité par les investisseurs aux lendemains de l’élection de D. Trump mais de plus en plus mis à mal depuis son investiture et qu’une destitution risquerait de mettre définitivement à l’écart. Une telle évolution aurait, par ricochet, de profondes répercussions sur les marchés de capitaux et la hiérarchie des performances sectorielles des actions.

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