FOMC – Donald Trump semble avoir déjà pris place au board de la FED !

Comme attendu, la FED a relevé d’un quart de point son taux directeur à 2,25 %. Jusque-là pas de scoop. Plus surprenants sont les changements apportés à son communiqué et à ses prévisions :

  • La FED a retiré de son communiqué l’appréciation selon laquelle la politique serait accommodante ; en d’autres termes, le niveau des taux directeurs serait proche de celui correspondant à la neutralité de la politique monétaire. La hausse des Fed Funds pourrait donc approcher son terme, sous réserve que l’inflation n’impose pas de passer en mode restrictif. On note à ce titre que ses prévisions de taux d’intérêt ne sont pas modifiées.

  • La FED a considérablement limité la révision à la hausse de ses projections de croissance, à seulement 3,1 % (T4/T4) pour cette année, au lieu de 2,8 % en juin, ce qui implique une croissance trimestrielle de 0,7 %-0,8 % pour chacun des deux derniers trimestres de l’année, soit moins de 3 % en rythme annualisé. Nous sommes assurément loin des estimations de la FED d’Atlanta pour le trimestre en cours (4,5 %) et de ce que suggère la dynamique en place pour le quatrième trimestre. Nous écrivions hier, qu’une révision prudente pourrait porter à 3,4 % la prévision officielle avec des hausses de respectivement 4 % et 3,2 % r.a. pour les quatrièmes et dernier trimestre de l’année. Nous sommes très loin du compte.
  • Enfin, la seule modification à ses prévisions d’inflation est à la baisse, avec une projection pour l’an prochain ramenée de 2,1 % à 2 %, soit une décélération par rapport à 2018 (2,1 %). La FED vient-elle de réaliser que les effets de base pétroliers abaisseraient l’inflation l’an prochain ? La chose n’est pourtant pas nouvelle, pourquoi opérer ce changement aujourd’hui seulement ?

L’ensemble est suspect. S’il était évident que Jay Powell ferait de son mieux pour atténuer les risques d’embardée des anticipations et des taux longs, il en fait un peu trop pour ne pas susciter le doute. La FED envoie en effet un signal anormalement « dovish » qui, compte-tenu des circonstances économiques et politiques pose question quant aux raisons qui la poussent dans ce sens. Il faudra qu’elle s’explique.

Double put Jay-Donald

À court terme, cette orientation ne soulève aucun doute : elle représente un soutien majeur pour les indices boursiers américains. A plus long terme se pose néanmoins la question de la crédibilité de la politique menée, au risque de provoquer une remontée significative de la prime de terme et des taux d’intérêt réels. L’ensemble n’est, quoi qu’il en soit, guère porteur pour le dollar ; un élément de soulagement pour les marchés émergents mais mal venu pour l’Europe alors que le taux de change effectif de l’euro caracole déjà autour de ses plus hauts niveaux historiques.

En procédant de la sorte, la FED semble mettre tout son poids dans la balance pour démultiplier les effets de la politique de D. Trump au service des actifs américains et avant tout américains… Est-elle dans son rôle ?

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