Inflation & Stratégie: Brutal changement de décor après la chute du pétrole

La chute des cours du pétrole bouleverse la donne inflationniste des prochains mois et in fine celle de l’ensemble de l’année 2019. Ces changements devraient avoir d’importantes répercussions sur l’environnement économique et sur la perception des banques centrales quant à l’évolution du contexte de prix. Aux Etats-Unis, l’inflation totale refluerait vers de 1,5 % dès le premier trimestre 2019, un mouvement qui ne sera, a priori, pas suivi par l’inflation sous-jacente à ce stade du cycle, attendue en légère hausse (voir page 4). En zone euro, l’inflation totale devrait revenir vers 1 %. Au contraire du cas américain, l’inflation sous-jacente aura du mal à résister à la diffusion des effets dépressifs en provenance de l’énergie et refluerait légèrement aussi. L’année prochaine devrait ainsi marquer un fort mouvement de convergence des différentes mesures d’inflation en zone euro (cf page 6) ainsi qu’une moindre dispersion des taux d’inflation entre pays membres, au risque près des problèmes d’approvisionnement en carburants en Allemagne qui, toutefois, devraient se cantonner au court terme.

Réservé aux abonnés

Corner obligataire

Entre la hausse des taux et aplatissement de la courbe des taux, l’issue est étroite

La remontée des taux longs américains a été la principale cause des tumultes financiers de ces deux derniers mois. On aurait pu penser que leur repli soit, à l’inverse, un soulagement. Tel n’est guère le cas. Car, faute de correction proportionnelle des taux d’intérêt de plus courte échéance, leur reflux a provoqué un nouvel aplatissement des courbes de rendements auquel les bourses américaines ont violemment répondu dans la journée d’hier.

Pour sortir de ce guêpier, trois conditions seraient requises :

  1. Un changement de cap radical de la politique monétaire de la FED ;
  2. Une stabilisation des anticipations d’inflation afin de prévenir une baisse trop rapide des taux longs ;
  3. Une stabilisation des perspectives de croissance mondiale sans laquelle les anticipations d’inflation continueront vraisemblablement à être revues à la baisse, même dans le cas américain.

L’ensemble, reconnaissons-le, ne correspond guère à un scénario « naturel ».

 

Réservé aux abonnés

Inflation Zone Euro & France: Le début d’une amélioration durable ? Peu probable !

Selon l’estimation préliminaire, l’inflation en Zone Euro est remontée en septembre à 2,2 % en glissement annuel après 2,1 %, en ligne avec nos attentes mais au-dessus du consensus à 2,1 %. De même, l’inflation sous-jacente est remontée de 0,9 % à 1,1 %, là aussi conforme à nos anticipations et par rapport à un consensus à 1,0 %. Faut-il y voir le début d’une accélération des prix telle qu’annoncée par la BCE ? On en est encore loin selon nous !

Entre pays, l’inflation harmonisée en Allemagne réaccélère à 2,4 % en g.a. (après 2,2 %) et en Italie à 1,7 % (1,5 %) mais reste stable en France à 2,5 % (2,2 % sur l’indice national) et en Espagne à 2,3 %. En France, cette stabilité reflète un retournement des prix de l’alimentation et une atonie de l’inflation sous-jacente.

Lire la suite…

BCE preview – plus « dovish » mais sans plus

Depuis la réunion de septembre, les chiffres d’activité en Zone Euro sont ressortis plus faibles qu’attendu tandis que l’inflation sous-jacente ne montre toujours pas de signe d’amélioration. Ceci devrait forcer M. Draghi à adopter un ton plus prudent sans toutefois remettre profondément en cause la stratégie de la BCE. Son président optera sans doute pour repousser à décembre l’annonce d’éventuels ajustements, face à des différences de vues vraisemblablement persistantes au sein du conseil.

Lire la suite…

Postview Inflation Royaume-Uni : La décélération s’accentue

L’inflation au Royaume-Uni en septembre a ralenti à 2.4% en g.a. après 2,7 % le mois précédent. Un chiffre en ligne avec nos attentes mais très en deçà de celles du consensus (2,6 %). La surprise à la baisse est venue de l’alimentation mais aussi de l’inflation sous-jacente qui reprend son mouvement de ralentissement après le rebond temporaire du mois d’août ; un résultat à même de tempérer les craintes de la Banque d’Angleterre sur les risques de hausses des pressions inflationnistes domestiques.

L’inflation RPI a aussi ralenti à 3.3% en g.a après 3,5 %, en deçà des attentes du consensus pour un chiffre stable.

Lire la suite…

Des déceptions conjoncturelles aux crispations souveraines, les vieux démons européens reviennent à la surface

Érosion des espoirs de reprise, déceptions sur l’inflation, crise italienne, décidément les développements ne sont guère rassurants en Europe ces derniers jours. Signes d’une Europe de plus en plus mal en point, ces stigmates ne manquent pas d’inquiéter à la veille des prochaines élections européennes du printemps 2019.

Réservé aux abonnés

Fed Preview – révision à la hausse des perspectives de croissance, quid de celles d’inflation et des taux ?

La FED annoncera demain soir un nouveau relèvement de ses taux directeurs d’un quart de point, à 2,25 % ; c’est acquis, largement anticipé et a priori peu discutable. C’est sur sa communication au sujet des développements récents et, surtout, sur les changements apportés à son scénario de croissance et d’inflation ainsi que ses projections de taux d’intérêt que se focaliseront les regards et les réactions probables des marchés. À quoi s’attendre ?

Réservé aux abonnés

Scénario trimestriel – D. Trump reflate l’économie américaine, pas le reste du monde

Principale conclusion de la mise à jour de notre scénario macro-économique et financier ce trimestre : dans la balance des risques relatifs à l’évolution des taux d’intérêt américains, les éléments haussiers l’emportent dorénavant clairement. Les raisons de ce changement ; l’économie américaine s’emballe sous le double jeu de l’impulsion donnée par les dépenses publiques et le retour des effets richesse. S’ils venaient à perdurer, ces développements signifieraient un changement de régime conjoncturel allant de pair avec une remontée significative des perspectives de croissance et de taux d’intérêt, en nette rupture avec le contexte de ces dernières années.


Réservé aux abonnés